L’ARE de Paris : exemple à ne pas suivre !

Sud éducation Paris
vendredi 6 décembre 2013

Dans la commune-département-académie de Paris, la réforme des rythmes scolaires s’applique depuis la rentrée 2013 sous le nom d’ARE (Aménagement des Rythmes Éducatifs), afin de signifier que l’École n’est qu’un élément d’un vaste ensemble contrôlé par la mairie de Paris et en partie, sous-traité à des associations et même à des boîtes privées. Ce dispositif a été imposé par le maire, B. Delanoë, avec le soutien du rectorat et malgré l’opposition farouche des enseignant-es (90 % de grévistes en janvier 2013), d’un nombre croissant de personnels municipaux des écoles et de parents d’élèves.

Sud éducation Paris qui, tout au long de l’année dernière, a été au premier rang de la mobilisation contre la réforme Peillon, a réagi à ce passage en force en déposant notamment, avec le mandat du SNUipp-FSU et du SNUDI-FO : une requête en annulation du dispositif parisien, qui sera jugée dans l’année, et une requête en référé-suspension avant la rentrée scolaire de septembre 2013. Il est regrettable que le juge des référés, n’ait pas reconnu, le 23 août dernier, le caractère d’urgence qui aurait justifié la suspension immédiate du projet et sa non application dès la rentrée.
Depuis, la triste réalité est apparue au grand jour : des élèves déboussolés par des journées aux horaires toujours variables, déjà fatigués après quelques jours d’école, confrontés à des dizaines d’adultes impossibles à reconnaître et à identifier qui se succèdent dans des écoles transformées en hall de gare dont la sécurité n’est pas assurée, des problèmes de locaux et de matériels non résolus, des enseignant-es et des ATSEM, ATE, animateurs-trices, gardien-nes… épuisé-es, démotivé-es !
Ces constats seront déterminants dans la procédure en cours pour l’annulation du dispositif parisien, comme ils viendront en appui du recours déposé par la Fédération Sud éducation devant le Conseil d’État pour obtenir l’annulation du décret du 24 janvier 2013 sur l’aménagement des rythmes scolaires.

Étendre la mobilisation pour l’abrogation du décret Peillon

Depuis la rentrée, les craintes d’accident sont présentes à tous les esprits (Sud éducation Paris a fait un signalement de mise en danger de la vie d’autrui auprès du Procureur de la République) et l’exaspération est à son comble. Aussi, les écoles sont en ébullition, les assemblées générales se réunissent et débouchent sur des délégations, des réunions publiques avec les parents d’élèves, des pétitions, des rassemblements devant l’Hôtel de Ville et le rectorat...
Les agents de la Ville de Paris ont programmé plusieurs actions de grève durant le mois de novembre et l’AG des enseignant-es des écoles a aussi programmé la grève. Sud éducation milite pour la convergence de ces mouvements sur la base de revendications unifiantes pour tous les personnels. Nous exigeons la suspension immédiate de l’ARE !
Dans les autres communes où la réforme des rythmes s’applique cette année, monte aussi la détermination à faire cesser cette catastrophe pour les élèves, les personnels, l’école publique : à Toulouse, Grenoble, Quimper, et bien sûr à Aubervilliers où les écoles étaient en grève à 95% le 3 octobre et où les parents d’élèves occupent les écoles …
Au-delà, il s’agit de démontrer les méfaits constatés, d’obtenir qu’ils s’arrêtent partout et, surtout, qu’il ne soit plus question d’une application généralisée de la réforme Peillon à la rentrée 2014. La mobilisation attendue des populations concernées par cette échéance pour refuser énergiquement qu’elle s’impose sera déterminante.
Sud éducation s’y emploiera.