L’État et les Régions préparent l’acte III de la décentralisation

Concertation : les masques tombent !
jeudi 27 septembre 2012

Alors que la concertation dans le cadre de la refondation de l’école n’était pas encore close, l’État et l’Association des Régions de France, ARF, signaient une déclaration commune le 12 septembre 2012. L’Éducation nationale est concernée par deux des chapitres du texte : « agir en direction des jeunes sans qualification » (engagement N°8) et « sécuriser les parcours professionnels et anticiper les mutations économiques » (engagements° 12 et 13). Les accords conclus sont les suivants :

Engagement N°8 : « Diviser par deux en 5 ans le nombre de jeunes entrant sur le marché du travail sans qualifica-tion. A cette fin, les Régions renforceront leurs interventions pour lutter contre toutes les formes de « décrochage », en pilotant l’évolution de la carte des formations, mobilisant les différentes voies de formation professionnelle dont l’alternance, et en modernisant le service public de l’orientation que les Régions ont vocation à coordonner et ani-mer. »

Pour SUD Éducation : L’objectif affiché nous montre la faiblesse des ambitions d’un texte présentant l’intervention des Régions dans la formation professionnelle comme remède à l’échec scolaire, alors que les dispositions qui suivent, si elles sont appliquées, risquent au contraire d’aggraver cet échec.

- Parmi les voies de formation professionnelle, seule l’alternance est mise en exergue, c’est bien que l’apprentissage a la priorité.

- Modifier la carte des formations, cela signifie que les Régions adapteront les formations aux besoins du marché local de l’emploi avec le risque de voir disparaître celles qui n’ont pas de débouchés dans la Région. N’est-il pas risqué de laisser aux Régions la responsabilité d’adapter une carte des formations – qui se programme et s’organise à long terme - aux besoins immédiats d’un marché de l’emploi aujourd’hui instable ?

- Les choix d’orientation des jeunes doivent-ils être dictés par les nécessités économiques conjonctu-relles ? En transférant aux Régions les services d’orientation, ce texte acte la disparition de l’orientation scolaire assurée jusqu’à présents par des conseillers d’orientation psychologues formés à ce métier.

- Que vont devenir les enseignants, employés par le rectorat, dont les sections auront été fermées par la Région ?

Engagement n°13 « les Régions accorderont aux stagiaires de la formation professionnelle et aux apprentis des aides au 1er équipement et à la mobilité et accompagneront le développement de l’offre de logement pour les jeunes en formation (étudiants, stagiaires et apprentis). »

Pour SUD Éducation : En finançant – sur les deniers publics – le premier équipement professionnel à des apprentis pour qu’ils travaillent dans les entreprises, les Régions organisent ainsi le détourne-ment/transfert de l’argent public au bénéfice du secteur privé.

- Développer la mobilité dans le cadre de la réorganisation de la carte des formations, cela revient à diriger des élèves de plus en plus jeunes vers des établissements de plus en plus éloignées de leurs lieux de vie, avec le risque d’aggraver le décrochage et l’échec. C’est un problème inhérent au lycée des métiers.

- Ceux qui ne voudraient pas s’y soumettre seront contraints d’accepter une place restée vacante dans une section non-choisie.

Un nouveau coup vient ainsi d’être donné à l’enseignement professionnel sous statut scolaire.

SUD Éducation dénonce cet accord État-Régions et mettra tout en œuvre pour faire connaître les mé-thodes utilisées, les objectifs définis et les conséquences pour les élèves et les familles.

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L'État et les Régions préparent l'acte III de la (...)
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