L’école, un enjeu interprofessionnel majeur

Union syndicale Solidaires
jeudi 4 septembre 2014

Extraits du texte adopté par l’Union syndicale Solidaires, dont Sud éducation est membre, lors de son 6ème congrès national en juin 2014 à Dunkerque, comme partie d’une résolution sur les politiques publiques.

Dans ce contexte général de remise en cause des politiques publiques, le présent et l’avenir de l’École revêtent une importance capitale. Les quelques grands principes sur lesquels l’École publique s’est construite peuvent nous servir de références communes.

Malmenée au cours des quinze dernières années, l’école serait aujourd’hui une priorité gouvernementale. Nous récusons cet affichage démagogique qui masque en fait la fragilisation organisée de l’ensemble des services publics. L’École est aussi un « appareil idéologique d’État » qui justifie et consolide l’ordre social dominant. Une école pour tous et pour toutes, c’est une école qui s’emploie à ne pas être un lieu de la re- production sociale. L’école ne saurait radicalement évoluer sans un changement radical de société.

• Une école laïque et émancipatrice, où est défendu l’acquis historique de la laïcité et où l’enseignement religieux n’a pas sa place. Le gouvernement actuel poursuit la distribution des cadeaux aux établissements privés.

Ces faits ainsi que les atteintes portées à la laïcité amènent Solidaires à défendre la nationalisation de l’enseignement privé et la fonctionnarisation de l’ensemble de ses personnels. Dans l’immédiat, Solidaires luttera contre les cadeaux faits aux établissements privés, exigera un strict contrôle de l’utilisation des fonds publics et demande que soit garantie l’indépendance des personnels, en réfléchissant à l’évolution de leur statut.

• Une école solidaire : la solidarité implique le refus de la concurrence entre établissements, le refus de la hiérarchisation des filières et des formations. La solidarité exige une véritable politique scolaire avec des moyens supplémentaires pour les quartiers populaires. C’est pourquoi nous devons défendre et développer les RASED (Réseau d’Aide Spécialisée aux Elèves en Difficulté). La scolarisation des enfants handicapés nécessite les moyens humains et matériels de cette inclusion scolaire.

Solidaires revendique, pour les personnels enseignants, un statut unique, et pour tous les acteurs et toutes les actrices de l’école, un traitement égalitaire en matière de salaire. Ceci passe par la fin de la précarité, par le développement d’emplois statutaires pour des personnels formés, et bénéficiant d’une réelle formation continue.

• L’école d’une formation polyvalente. Nous avons une approche très critique de l’organisation de l’enseignement secondaire en trois filières (générale, technologique et professionnelle) calquées sur la division sociale du travail, car c’est l’école de la reproduction des classes sociales, celle qui actuellement creuse les inégalités issues de la naissance. Enfin, l’enseignement professionnel proprement dit, pour tous les métiers, ne doit pas être laissé aux entreprises. En ce sens, nous devons lutter contre la tendance actuelle à généraliser l’apprentissage, et nous devons défendre la spécificité de l’enseignement professionnel, mais enfin débarrassé de son image dévalorisée car tourné trop spécifiquement vers des enseignements « pratiques ».

Nous défendons l’idée d’un lycée unique, qui a l’avantage de valoriser une idée de l’enseignement général et poly- technique pour toutes et tous, recule l’âge du choix d’une orientation professionnelle, fait partager une meilleure connaissance des différents champs de la connaissance et des pratiques.

• Une école démocratique et émancipatrice. Nous dénonçons les notations individuelles, les inspections, les postes à profil au profit d’une solidarité active des acteurs de l’école. En ce qui concerne l’émancipation, il s’agit bien de développer l’autonomie des élèves, leur aptitude à surmonter les contraintes, leur esprit critique, leur appropriation du savoir. En ce sens l’école doit être ouverte et coopérative, permettant et développant des pédagogies actives avec des élèves partie prenante de leur formation, collectivement.

C’est pourquoi nous nous opposons au développement d’une évaluation individuelle se prétendant de plus en plus précise, par compétences ou non, qui aboutit au classement et la hiérarchisation des individus, en vue de leur employabilité.

Texte intégral en ligne ici.