L’école publique, le ministre et l’entreprise

mardi 25 décembre 2012

Peillon ne revient pas sur la convention qui fait du MEDEF un « partenaire éducatif ».

Il n’hésite pas à déclarer : 


« Je veux que l’on puisse ajuster les préoccupations des entreprises et les nôtres… » ;

« L’éducation nationale est capable de changer le contenu de ses diplômes et de ses formations pour répondre rapidement aux besoins de l’économie et des entreprises ; elle est mobile. La coéducation, c’est aussi cela » ;

«  Pour réussir l’orientation, il faut non seulement que l’éducation nationale assume sa part de responsabilité, mais aussi que les entreprises se mobilisent davantage » ;

« Il faut aussi que les enseignants aient, au cours de leur formation, un contact avec le monde de l’entreprise » ;

« Il faut faire découvrir l’entreprise et les métiers dès la sixième et cela jusqu’à l’université ».

Peillon perpétue une approche où l’entreprise pèse comme modèle d’organisation sociale et aurait une parole légitime sur le sens même de l’école. Les 20 dernières années ont montré ce que donnent les logiques d’entreprise (management, évaluation, formation tout au long de la vie, employabilité…) appliquées à un service public et laïque d’éducation et la réalité de l’entreprise tant vantée : elle enrichit une minorité et offre à la majorité l’insécurité et l’austérité salariale, à plusieurs millions le chômage. Et ce serait ça le modèle ?

Cette continuité idéologique avec les gouvernements précédents marque l’accord entre le gouvernement et les orientations européennes qui, traité après traité, visent à faire de l’éducation un vaste marché. Nous sommes là en total désaccord avec le ministre.

Contre la marchandisation du monde, contre le libéralisme appliqué à l’école publique, nous réaffirmons que l’école n’est pas une entreprise et l’éducation n’est pas une marchandise.