La Compagnie Jolie Môme : un théâtre militant

Sud éducation Hauts-de-Seine
vendredi 6 décembre 2013

La compagnie Jolie Môme a pour particularité de sortir des théâtres et s’est ainsi fait connaitre des réseaux militant-es d’Ile de France et de certaines villes de province (à Aurillac, on a pu les voir pourchasser Manuel Valls il y a quelques semaines). On peut découvrir les spectacles de la Compagnie au Théâtre de la Belle Etoile de Saint-Denis où ils résident. On les voit aussi parfois au détour d’une rue, d’une manif ou d’une lutte, soutenir des opprimé-es en lutte, arborant leur grand et beau drapeau rouge, ainsi que le rouge et noir. Depuis 30 ans, ces camarades proposent des pièces de théâtre dites « engagées », c’est-à-dire illustrant des évènements historiques ou sociaux du point de vue des opprimé-es. C’est un théâtre populaire où l’on se retrouve entre ami-es, entre camarades et où règne une atmosphère d’insolence, de rébellion. C’est fait sans misérabilisme mais au contraire avec de la joie, du rire, de la beauté. La Compagnie organise aussi tous les étés un festival, La Belle Rouge, à Saint Amant-Roche-Savine (Auvergne) qui est l’occasion de rencontrer d’autres groupes et troupes amis, toujours sous l’étendard de la révolte.
Cette atmosphère fraternelle participe à faire de ce théâtre un acte politique très apprécié à Sud éducation 92. Certain-es suivent la compagnie depuis une vingtaine d’années. D’autres s’engagent comme « brigadistes » dans les groupes amateurs de théâtre, de chanson ou de fanfare animés par la compagnie, et qui souvent accompagnent Jolie Môme dans ses interventions militantes (comme cette belle manifestation pour les salaires et l’emploi de notre Union interprofessionnelle Solidaires animée par la troupe le 24 mars 2012). Plusieurs camarades se retrouvent tous les ans au festival La Belle Rouge avec grand plaisir. De même, le syndicat organise régulièrement des sorties collectives pour aller voir les spectacles au Théâtre de La Belle Etoile : les derniers spectacles avaient pour cadre la commune de Paris (Barricade), les conflits sociaux en Italie (Faut pas payer de Dario Fo), la répression des militants suite à un procès que leur a intenté la CFDT (Wanted) ou encore la « guerre des paysans » au moyen-âge (Faust et l’homme ordinaire). L’ambiance, autant festive que combative, est toujours l’occasion d’une soirée forte en émotions pour tous et toutes les camarades présente-s. Nous sommes aussi retourné-es collectivement voir Des patates et des roses ainsi que leur dîner-spectacle chanté, Parole de Mutin. La lutte oui, mais la fête aussi ! Nous voulons du pain et des patates mais aussi des chants, des spectacles et des roses !...