La Réforme du lycée version Luc Chatel : danger ! Avis de tempête !

vendredi 27 novembre 2009

Éditorial

Le projet de réforme du lycée a été dévoilé le 19 novembre. Loin de toute considération pédagogique, il s’explique principalement par l’objectif de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux dans la fonction publique et spécialement dans l’éducation qui doit y contribuer pour 80000 suppressions de postes d’ici 2012. Comme nous le montrerons cela s’accompagne d’une régression des conditions de travail des enseignants, de la qualité des enseignements et en particulier de ce qui peut aider à la construction d’un
sens critique par les lycéens. Retour sur un mauvais film... dont nous pouvons encore changer le scénario en nous mobilisant avec les lycéens et leurs parents.

En octobre le président annonçait la reprise de la réforme du lycée abandonnée à l’automne dernier par Darcos devant la mobilisation lycéenne. Affirmation du « droit à l’erreur et à la réorientation » en cours de scolarité, revalorisation des baccalauréats technologiques et de la filière littéraire, accompagnement
personnalisé des élèves, renforcement de l’apprentissage des langues étrangères, de la place de la culture et de l’art dans les lycées, renforcement des liens avec le supérieur et les entreprises étaient au programme.
Nous constations une réforme allégée par rapport à la mouture Darcos, mais constations sa dangerosité pour les élèves et les personnels. Dans le même temps les syndicats qui avaient déjà signé l’an dernier les points de convergence avec Darcos étaient autorisés à discuter voire à négocier la réforme. [1]

Avec le projet de L. Châtel, porte-parole du gouvernement et ministre de l’Éducation, nous assistons à un net durcissement. Il s’agit clairement de rentabiliser le travail des enseignants : alourdissement du nombre de classes à prendre en charge, mise au pas de la profession avec la création d’une hiérarchie de professeurs intermédiaires (renforcement du rôle du conseil
pédagogique), multiplication des tâches intégrées à nos services (aide) ou effectuées en heures sup. (tutorat, orientation) alors que le gouvernement ne cache plus sa volonté d’en finir avec les COP (conseillers d’orientation psychologues) et le service d’orientation propre à l’Éducation.

Dans le même temps la qualité des enseignements est bradée : ponctions horaires globales importantes, suppressions des dédoublements sous couvert d’une aide « fourre-tout » pour les élèves, mise en concurrence des disciplines entre elles. Dans ces conditions on peut s’interroger sur le maintien du bac
comme 1er grade universitaire. Pour les élèves, ce projet renforcera toujours
davantage le développement d’un lycée à plusieurs vitesses et aggravera la reproduction des inégalités sociales. SUD Éducation ne se retrouve en rien dans cette vision d’un lycée pour chacun au détriment du droit à l’éducation pour tous.

Le projet doit être présenté au CSE le 10 décembre et entrer en application à la rentrée 2010 en seconde. Pour autant rien n’est joué et le ministère a déjà reculé l’an dernier devant les lycéens. Après la grève du 24 novembre il faut amplifier les mobilisations avec l’ensemble des personnels, les lycéens et les parents qui refusent cette régression. Tous ensemble nous pouvons faire reculer le gouvernement et imposer un débat pour une véritable démocratisation du lycée.

En fichiers joints (pdf)
- les intentions du ministre et nos commentaires
- des grilles de comparaisons, les nouveaux horaires par niveaux,
par filières, par disciplines

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Edito + commentaires
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tableaux nouveaux horaires

[1SNES, SE-UNSA, SGEN, SNALC,FAEN. les signataires des points de
convergence de l’an passé ont été reçus au ministère. Ce n’est pas le cas de SUD-Education, de la CGT Educ’action et de FO, pourtant représentatifs.