La Seine-Saint-Denis depuis le 26 janvier :

des luttes pour les moyens, une mobilisation à construire
mardi 8 mars 2016

Fin de l’hiver : les établissements découvrent leur dotation horaire globale (DHG). En Seine-Saint-Denis, cette période est toujours marquée par des mobilisations pour plus de moyens. Cette année, la contre-réforme du collège a donné des raisons en plus aux collègues de se mobiliser -l’enjeu étant le lien entre ces différentes questions.

Le 26 janvier et ses suites

Le 26 janvier, la grève appelée par l’intersyndicale second degré et par les organisations de la fonction publique a été bien suivie dans le département -majoritaire dans le second et le premier degré. Joli cortège Sud éducation dans la manif parisienne, nombreux, dynamique et capable de porter ses slogans et revendications, sans laisser la rue aux revendications corporatistes.

Pour nous, cette grève devait impulser une mobilisation pour l’éducation en général, premier et second degré, en essayant de s’appuyer sur l’auto-organisation des personnels. En ce sens, le 26 janvier fut en partie réussi, avec des AG de villes à Montreuil, Saint-Denis, Bobigny, Aubervilliers, Epinay-Pierrefitte-Stains-Villetaneuse et Noisy-le-Sec. Ces AG de 20 à 60 personnes, se sont parfois montrées offensives, avec l’appel à de nouvelles journées de grève, mais aussi des motions de solidarité aux Goodyears. En revanche, échec de l’organisation d’une AG de centralisation en fin de manif, lié à des difficultés de communication entre syndicats. Cette AG, ne regroupant qu’une quarantaine de personnes, fragilisait l’appel à une nouvelle grève le 4 février.

Plusieurs collèges ont reconduit la grève le lendemain, appelant également à une journée le 4 février. Sud éducation Créteil fut seule à soutenir ces appels en diffusant un tract pour le 4 février et en organisant une AG ce jour-là. Faute d’unité syndicale, cette journée ne fut pas une réussite.

La nécessaire mobilisation pour des moyens

Cela n’empêche que les collèges du département -et d’ailleurs !- ont de bonnes raisons de partir en grève reconductible. Censée faire du département une priorité, l’allocation des moyens est très largement en trompe-l’œil, et mise à mal par l’accumulation des contre-réformes.

La réforme de l’éducation prioritaire se fait au détriment des heures héritées des réformes précédentes, notamment les heures RAR [1]. La pondération de 1,1 des personnels, qui correspond grosso modo à 10% des DHG des collèges REP+, est ainsi intégralement financée sur le dos des heures d’enseignement. Ainsi, les collèges REP+ sont ceux qui perdent le plus d’heures. Une partie a subi ces ponctions l’an dernier et s’étaient mobilisés, comme le collège République à Bobigny. D’autres la subissent cette année et sont en reconductible à l’heure où l’on écrit ces lignes, c’est le cas du collège Jean Jaurès à Pantin.

Au-delà de l’éducation prioritaire -et contrairement au discours ministériel- c’est l’ensemble des établissements du département qui voient les DHG baisser. En effet, la hausse démographique considérable dans le département n’est pas absorbée par les créations de postes. Cette baisse est camouflée par la contre-réforme du collège qui, en baissant les horaires disciplinaires, permet aux chefs d’établissement de maintenir un certain nombre de dispositifs et, en répartissant ces derniers entre les disciplines, de maintenir plus ou moins les postes. La contre-réforme du collège apparaît ainsi pour ce qu’elle est : une réforme d’austérité au service des capitalistes, permettant d’économiser des moyens en se drapant dans les habits vertueux de la pédagogie.

Des établissements, ponctionnés plus que d’autres ou excédés par cette politique éducative mensongère, sont actuellement mobilisés : Victor Hugo à Aulnay-sous-Bois, Politzer et Lenain de Tillemont à Montreuil, ainsi que plusieurs lycées professionnels, où les seuils d’effectifs sont dépassés.

Sud éducation Créteil est toujours aux côtés de ces établissements en proposant un soutien matériel aux mobilisations, en organisant et en animant des AG de villes interdegré par le biais de ses sections locales et en poussant l’intersyndicale à respecter les mandats d’AG, quitte à assumer seul le soutien aux établissements mobilisés, comme nous l’avons montré ces dernières années. Cela dit, c’est bien dans l’unité syndicale et avec la coordination des établissements mobilisés que nous pouvons espérer construire un véritable mouvement d’ampleur, pour un plan d’urgence dans le 93.

Sud éducation Créteil


[1Réseaux Ambition Réussite