La deuxième rencontre du Réseau syndical international de solidarité et de luttes

Contribution aux débats de la Fédération Sud éducation
samedi 28 novembre 2015

Dans le prolongement du congrès de l’organisation syndicale brésilienne CSP-Con lutas (4 au 7 juin), la deuxième rencontre du Réseau syndical international de solidarité et de luttes s’est tenue à Campinas, dans l’Etat de São Paulo, du 7 au 9 juin. La première avait eu lieu en France, à Saint-Denis, en mars 2013. Une délégation Solidaires, dont une camarade de Sud éducation, était présente à Campinas et revient ici sur le contenu de ces trois journées mais surtout sur les suites à y donner.

Depuis deux ans, le Réseau a progressivement pris sa place dans l’activité syndicale de chacune des organisations membres. L’enjeu principal est là : l’internationalisme, qui est une des valeurs du syndicalisme dont nous nous revendiquons, doit être naturellement au cœur de nos pratiques et irriguer les réunions, les orientations et les actions, tant de nos structures nationales que des sections syndicales ou des unions interprofessionnelles locales.

Internationalistes, localement aussi

La solidarité internationale, le soutien aux luttes, les protestations contre la répression, peuvent revêtir des formes différentes, complémentaires et toutes utiles : campagnes internationales de longue haleine, rassemblements devant des ambassades ou sièges d’entreprise, information aux salarié-es d’un groupe multinational ou d’un secteur sur les pratiques patronales ou les luttes dans d’autres pays, messages de soutien… Chaque structure syndicale peut s’inscrire dans l’une ou l’autre de ces actions. Pour autant, il est primordial d’ancrer notre démarche dans le vécu quotidien des travailleurs et des travailleuses ; d’où notre insistance pour que le travail par secteur professionnel se développe dans l’activité du Réseau ; l’Union syndicale Solidaires, à son échelle, a une riche activité via plusieurs fédérations ou syndicats nationaux (ferroviaire, centres d’appel, santé/social, finances publiques, étudiant-es, éducation, …) ; il faut mutualiser cela dans le cadre du Réseau, et se rattacher à ce qui existe par ailleurs pour d’autres branches professionnelles (industrie automobile, chimie, …).

Internationalistes dans notre secteur professionnel

Le développement du travail par secteur professionnel est un des engagements pris par les organisations membres du Réseau syndical international de solidarité et de luttes. Pour les syndicats de la fédération Sud éducation, il s’agit de développer ce qui existe déjà à travers le bulletin d’information de la commission internationale, les tracts internationaux déjà publiés, les actions de solidarité internationale, le travail de réflexion sur les réalités de notre champ professionnel qui est mené avec des syndicats d’autres pays, etc.

Déclarations, débats, motions, réflexions et actions !

À partir de textes préparatoires, fruits d’échanges entre CSP-Conlutas (Brésil), CGT (État espagnol) et Solidaires à qui l’animation du Réseau est confiée depuis mars 2013, quatre débats ont été organisés, des résolutions adoptées, certaines prévoyant une campagne internationale :
• Les capitalistes nous coûtent cher : autogestion ouvrière et sociale !
• L’égalité entre les femmes et les hommes : un enjeu syndical !
• Les migrations, l’emploi et le travail sous le système capitaliste.
• Non à la criminalisation des luttes !
39 motions ont été adoptées et sont consultables sur le site.

Un Réseau syndical international utile à nos luttes

Le monde de l’éducation a connu une intense activité syndicale ces derniers mois : au Brésil, dans l’État espagnol, en Tunisie, en Italie, au Mexique, en Suisse, en Côte d’Ivoire, en Corée, sur tous les continents il y a des grèves, des manifestations, des rassemblements ; certaines luttes sont victorieuses, d’autres non, parfois la répression est particulièrement forte. Notre syndicalisme est internationaliste : cela se traduit par la solidarité et le soutien (à l’exemple des messages reçus de plusieurs organisations syndicales d’autres pays, par nos camarades de Bellefontaine à Toulouse), mais ne se limite pas à cet aspect essentiel. Inscrire notre syndicalisme quotidien dans une démarche internationale, comme interprofessionnelle, est indispensable si nous voulons vraiment transformer profondément la société !
Après cette deuxième rencontre, notre Réseau est renforcé par de nouvelles organisations syndicales. Beaucoup de travail reste cependant à faire pour que notre syndicalisme prenne la place qui doit être la sienne au plan international pour rompre avec le capitalisme et imposer une profonde transformation sociale . Voilà pourquoi, avec plus de 60 autres organisations syndicales d’Europe, d’Amériques, d’Afrique et d’Asie, l’Union syndicale Solidaires et Sud éducation poursuivent leur engagement dans la construction du Réseau syndical international de solidarité et de luttes.
Le site du Réseau syndical international de solidarité et de luttes : www.laboursolidarity.org