La mobilisation se construit chez les précaires de l’ESR, et elle commence à porter ses fruits !

Communiqué de la fédération SUD éducation du 10 juin 2016
vendredi 10 juin 2016

La mobilisation se construit chez les précaires de l’ESR, et elle commence à porter ses fruits !

Les 28 et 29 mai dernier avait lieu à Saint-Denis un meeting des collectifs de précaires de l’Enseignement supérieur et de la recherche (ESR). La fédération SUD éducation était invitée à titre d’observateur, et était présente au même titre que SUD recherche, la FERC-CGT et le SNESUP-FSU. Ce meeting a été à la fois l’occasion de faire le bilan de plusieurs mois de lutte de collectifs de précaires dans l’ESR et d’acter la création d’un cadre national pour ces collectifs. La Fédération SUD éducation salue pleinement cette démarche.

Depuis des années, le service public universitaire et de recherche est la cible d’une offensive particulièrement violente des capitalistes. Comme dans les autres services publics, le démantèlement du service public universitaire et de recherche va de pair avec une généralisation de la précarité. L’ESR est à la fois un laboratoire pour la précarité dans les services publics et le conservatoire de pratiques d’un autre âge comme la vacation, qui y est généralisée alors qu’elle a pratiquement disparu dans l’EN. Si cela fait des années que, ponctuellement et locale-ment, des groupes précaires se constituent et dé-noncent ces abus, cette année marque un tournant, en termes de synchronie et de convergence.

De nouveaux collectifs de précaires se sont montés depuis plusieurs mois pour faire valoir leurs revendications. Initialement, quatre collectifs se sont constitués à Paris I, Paris 8, Toulouse et Aix-Marseille. Depuis, d’autres se sont constitués : à l’INED, à Strasbourg, à Nantes, à Paris 4, Lille, Sciences Po, Paris 10, l’UVSQ, Lyon 2, Nanterre ou encore l’EHESS. Cela a débouché sur la journée d’action réussie du 13 avril, sur diverses actions à destination des présidences, des occupations de CA, etc… Ces collectifs sont constitués aussi bien de BIATSS que de doctorant-e-s, de docteurs sans poste, de vacataires ou de stagiaires.

Ces collectifs se sont aujourd’hui structurés en un « Collectif national des travailleur-se-s précaires de l’ESR ». Ils ont adopté une plateforme de revendications, qui articule l’exigence de titularisation de tou-te-s les précaires travaillant sur des fonctions pérennes avec des revendications immédiates (mensualisation du paiement des vacations, la création massive de postes, l’abrogation des critères de nationalité dans l’accès aux postes et aux financements…). Ils articulent en outre la précarisation en cours dans l’ESR à la loi Travail et revendiquent le retrait du projet de loi.

Les mobilisations ont commencé à payer. A l’Université Paris I, après 7 mois de lutte, le collectif de précaires de Paris 1 a obtenu satisfaction sur deux revendications : l’exonération des frais d’inscription pour les doctorant-e-s enseignant-e-s et la mensualisation de la vacation. Le moyen d’action légitime utilisé par les personnels a été la menace de la rétention de notes. Les personnels mobilisés ont subi des pressions inacceptables, que nous dénonçons fermement. Cette victoire partielle est un encouragement à continuer les mobilisations des précaires, dans l’ESR comme ailleurs.

La fédération SUD éducation :
►soutient sans réserve l’initiative des collectifs de travailleurs-se-s précaires de l’ESR,
►appelle à la construction d’un vaste mouvement de lutte contre la précarité dans l’ESR, porté par les non-titulaires comme les titulaires,
►revendique la création de postes à hauteur des besoins et la titularisation sans condition de toutes et tous les précaires de l’ESR,
►dénonce fermement les tentatives de culpabilisation et de pression dont les personnels mobilisés ont pu faire l’objet.

Documents joints

La mobilisation se construit chez les précaires de
La mobilisation se construit chez les précaires de
Communiqué SUD éducation 10 juin 16