Mayotte

mardi 9 mai 2017

La situation socio économique désastreuse de la Guyane, à la Une de l’actualité, fait oublier celle de Mayotte dont le cas est, pourtant ,identique, voire pire, notamment à cause des restrictions d’eau.

L’eau

Depuis mi-décembre, en effet, les restrictions d’eau menacent dangereusement la santé d’une grande partie de la population. La pénurie que subit l’île impacte la vie quotidienne des habitant-es dont la colère ne cesse d’augmenter :
• l’ouverture des écoles se fait en fonction des jours « avec eau » ;
• le prix de l’eau en bouteille atteint des sommets et la pénurie commence à se faire sentir ;
• les factures d’eau restent inchangées, si ce n’est que l’administration a pris soin de ne plus faire figurer l’adjectif « potable » sur ses documents ;
• les diarrhées et autres infections augmentent chez les élèves dont les familles ne peuvent se payer des bouteilles d’eau du magasin.

Il est à signaler que ces restrictions touchent pratiquement tout le sud du territoire, sans jamais atteindre les lieux où résident Préfet et autres représentant-es. C’est « radio silence » du coté de la Préfecture ; pour faire face à la situation, il fut même question d’aller chercher de l’eau à Madagascar ou aux Comores...

Face à la colère grandissante, et surtout aux prévisions catastrophiques pour les mois à venir, s’est créé le collectif « Les assoiffé-es du Sud ». Avant même que le mouvement ne prenne de l’ampleur, l’eau est revenue dans les robinets… jusqu’à la fin du ramadan ! Après… « Inch’ Allah ! » Comme on le dit si facilement ici !
La SMAE (Société mahoraise des eaux) l’entreprise qui gère l’eau à Mayotte est une filiale de Vinci Construction Dom Tom.

L’éducation

Le communiqué intersyndical des inspecteur-trices, qui n’ont pourtant pas l’habitude de s’exprimer publiquement, fait un constat alarmant. Il dénonce la gestion catastrophique du 1er degré à Mayotte et le mépris total du vice-rectorat vis-à-vis des nombreuses alertes envoyées par les inspecteur-trices (venue d’une Commission nationale indépendante, lettre envoyée à la Ministre). Sont dénoncées :
• insalubrité et insécurité totales ;
• matériels pédagogiques absents ;
• rythmes scolaires totalement inadaptés ;
• loi des REP+ non respectée [CP à plus de 25 élèves, CM2 à 30 élèves] ;
• formation inexistante pour les directeur-trices, les enseignant-es titulaires ;
• contractuel-les de plus en plus nombreux et nombreuses sans formation ;
• formation initiale chaotique ;
• manque criant de formateurs et formatrices.

Dans le second degré, les conditions sont similaires : effectif des contractuel-les à près de 50 % ; politique locale de précarité, blocages de postes, contractuel-les qui n’ont pas droit aux mêmes indemnités que les titulaires, voire subiront une baisse de salaire l’année prochaine où une nouvelle grille sera établie.

Sud éducation Mayotte