La valse des précaires, ça continue !

CDD, CDI, Vacataires, AED, AVS, Assistant(e)s de scolarisation, EVS, CAE, CUI, A-P, APS, Emploi Avenir Professeur…
dimanche 17 février 2013

Au début de l’été et dès la première audience de la « concertation-refondation », M. Peillon laissait paraître sa compassion envers la situation des dizaines de milliers d’agents non-titulaires exerçant dans l’Éducation nationale en affirmant : « Les précaires, il faut vraiment s’en occuper… » Derrière les discours visant à « refonder l’école », rien ne bouge, tout empire et la nouvelle loi d’orientation, tout comme les derniers projets ministériels n’augurent guère de jours meilleurs en matière de résorption de la précarité. En effet, depuis les annonces faites, les seules solutions apportées aux difficultés de l’Éducation nationale sont des recours massifs aux emplois précaires et aux contrats aidés.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes et sont sans équivoque.

Plus de 170 000 agents non-titulaires travaillent déjà au sein de l’Éducation nationale, ce qui en fait, de loin, le premier employeur d’agents non-titulaires avec :
- plus de 20 000 agents contractuels et vacataires (enseignants/administratifs) qui enchaînent au fil des années les contrats de travail au mépris du code du travail ;
- plus de 50 000 contrats aidés (CUI), embauchés pour quelques mois puis jetés sans avoir pu bénéficier de la moindre formation pourtant prévue par la loi ;
- plus de 50 000 Assistants d’Éducation travaillant à temps partiel ;
- plus de 50 000 agents non-titulaires travaillant dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Les conditions d’exercice et de rémunération de ces personnels n’ont cessé et ne cessent de se dégrader, qu’ils/elles soient en remplacement ou dès la rentrée sur des postes vacants du fait de la pénurie de personnels titulaires. Le recours à des personnels enseignants contractuels et vacataires non formés devient progressivement usuel et normal. Les contrats sont de plus en plus courts (par exemple, les contrats d’AED de droit public renouvelables dans la limite de 6 ans se voient progressivement remplacés par des contrats aidés de droit privé, de moins en moins renouvelés ne permettant même plus de couvrir les besoins d’une année scolaire complète). Tout ceci sur fond d’entraves au code du travail (L’Éducation nationale accuse plus d’un millier de condamnations aux prud’hommes ces trois dernières années !) et de pressions hiérarchiques que subissent ces personnels trop souvent soumis à des tâches ne correspondant pas à leurs contrats ou des conditions de travail dégradées.

Pour autant, les derniers projets ministériels continuent à créer de nouveaux précaires :
- recrutement de 500 assistant-es de prévention et sécurité pour des contrats de moins d’un an dans le cadre d’emploi des assistants d’éducation ;
- recrutement de 18 000 «  emplois d’avenir professeurs » (6000 par an) en CUI-CAE d’un an renouvelable 3 fois ;
- plus de 20 000 admissibles aux concours supplémentaires de 2013, qui devront faire un CDD d’un an à tiers-temps pendant leur master 2.

Le statut de fonctionnaire titulaire doit être la norme dans la Fonction Publique (Article 3 de la loi Nº83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires. Loi dite « loi Le Pors »).

Toute cette précarité fragilise le service public, toute cette précarité engendre souffrance et pauvreté, toute cette précarité doit cesser !

L’utilisation par l’État des contrats aidés dans les établissements pour accomplir des tâches indispensables est un vrai scandale. Les équipes enseignantes, les élèves ont besoin de la présence de personnels titulaires, formés pour assurer les missions diverses qui leur sont confiées.

Sud éducation revendique la création d’emplois statutaires pour ces besoins pérennes et de manière plus large, la titularisation de tous les personnels non-titulaires sans condition de concours ni de nationalité. Arrêtons le recrutement de travailleurs précaires ! À travail égal, salaire égal et statut égal !

Sud éducation Lorraine