Le 6 juin 2016, Sud éducation 12 s’est entretenu avec Nuit Debout Rodez

vendredi 2 septembre 2016

Sud éducation 12 : Comment s’est créée Nuit Debout Rodez ?

Nuit Debout Rodez : On est né le 9 avril pendant et après la manifestation contre la Loi Travail, à l’initiative d’un groupe spontané qui s’est dit « Après la manif, on rentre pas ! ». Le Kiosque du Jardin Public a été occupé et Nuit Debout s’est retrouvée tous les soirs, dans un premier temps, puis a décidé de se réunir « seulement » 4 soirs par semaine pour pouvoir être à la fois dans l’organisation et dans l’action.

Sud éducation 12 : Quels sont les objectifs de Nuit Debout Rodez ?

Nuit Debout Rodez : Pour nous, il y a 2 enjeux parallèles et complémentaires. Le premier est de créer un espace de réappropriation de la parole politique, de faire venir des personnes qui s’étaient éloignées de l’action collective. Et ça vit bien puisqu’il y a, assez régulièrement, de nouvelles personnes qui viennent ; il y en a qui passent seulement, il y a ceux et celles qui reviennent et qui deviennent très actif-ves. Le deuxième intérêt étroitement lié au premier, bien sûr, c’est de résister au projet de Loi Travail et son monde. C’est-à-dire le resituer dans un contexte avec des actions dirigées, par exemple, contre les banques, les partis politiques traîtres et les médias dominants. La lutte doit converger pour pouvoir gagner.

Sud éducation 12 : Ce qui saute aux yeux immédiatement dans une assemblée de Nuit Debout Rodez, c’est son fonctionnement horizontal qui, forcément, nous intéresse à Sud éduc 12. Comment procédez-vous ?

Nuit Debout Rodez : Oui, le principe est celui d’une assemblée populaire avec effectivement un fonctionnement horizontal, assez mouvant ; on n’a pas de chef-fe, pas de porte-parole, on veille à ce que les tâches dans les commissions puissent tourner. On fait 2 assemblées générales par semaine.

Sud éducation 12 : Mais Nuit Debout Rodez, c’est aussi des actions concrètes ?

Nuit Debout Rodez : Depuis 2 mois, nous avons fait des tractages, des affichages ; nous avons relayé les appels intersyndicaux à manifester ou à se rassembler. Nous avons mené 2 actions ironiques sur le marché de Rodez. Mais ce sont aussi des soirées projections de films et de courts métrages, des débats à thèmes (la Loi Travail bien sûr mais aussi la lutte des classes, la société de consommation, la démocratie etc…). Nous avons organisé 2 manifs nocturnes aux flambeaux, bruyantes, pendant lesquelles nous avons redécoré la ville.

Sud éducation 12 : Quand on vous voit « fonctionner », nous, syndicalistes de Sud éducation 12, sommes impressionné-es par votre efficacité, aussi bien sur la rotation de la prise de parole par exemple que sur la logistique. Comment faites-vous ?

Nuit Debout Rodez : On reprécise bien, à chaque AG, les modalités de prise de parole et les participant-es veillent à une auto-censure, une auto-modération dans un climat de grande bienveillance. Mais Nuit Debout existe seulement depuis 2 mois et nous espérons qu’elle saura résister à l’épreuve du temps, alors nous restons humbles…

Sud éducation Aveyron