Le Service public régionalisé d’orientation (Spro) Les régions en pointe de la logique libérale...

Sud éducation Charente Maritime
samedi 28 novembre 2015

Depuis des années, les services d’information et d’orientation de l’Éducation nationale sont sous la menace d’un projet « unificateur ». Derrière des projets successifs relativement similaires, on trouve deux caractéristiques principales. D’une part, la volonté de faire des économies budgétaires au prix de la détérioration des services publics correspondants [1]. On peut aisément se référer au précédent de la fusion Assedic-Anpe dans Pôle emploi. D’autre part, le glissement des missions et des valeurs de références. Les Cop [2] sont très attaché-es au respect et au développement de l’autonomie des personnes accompagnées. Les Cop sont indépendant-es des intérêts particuliers (logique d’établissement, intérêts économiques privés, etc.) et peuvent dire les droits de chacun ce qui garantit l’État de droit.
Les variantes successives de l’évolution de l’éducation à l’orientation annoncent l’avenir. D’abord, il était question d’aider le-la jeune à construire des outils et des critères pour appréhender les parcours scolaires et professionnels comme n’importe quel objet de connaissance. Par glissements successifs, les séquences préconisées relèvent maintenant clairement de la célébration de l’entrepreneuriat selon la liturgie libérale européenne...
L’incorporation des services d’orientation de l’Éducation nationale dans le Spro [3], chère aux régions socialistes, amènera à des objectifs et missions clairement centrés sur les besoins et préconisations des entreprises, en proportion de leur puissance économique.
Les régions ont déjà des difficultés à gérer les compétences actuelles. Alors, pourquoi souhaitent-elles créer un nouveau service ? Assumer une nouvelle compétence, avec les implications budgétaires qui en découlent ?
Pour comprendre, il faut sans doute analyser leur attitude en terme de développement économique ces dernières années. Quand des équipes « de gauche » géraient la presque totalité des régions, on aurait pu s’attendre à la création d’un projet inter-régional coopératif et harmonisé, assurant un développement économique équilibré sur l’ensemble du territoire national. A l’inverse, dans une logique libérale, les régions ont joué la carte de la concurrence avec une surenchère de facilités, d’allègements et autres incitations afin d’attirer les entreprises sur leur territoire plutôt que chez le voisin. Au bout du compte, les aides consenties ont directement contribué aux bénéfices des actionnaires et en même temps gravement obéré les possibilités de financement des équipements et services régionaux utiles à tous…
Par la mainmise sur l’enseignement professionnel et le développement du Spro, les régions disposeraient d’un maximum d’outils pour courtiser les entreprises.
Avec l’ensemble des acteurs du système éducatif, les Cop ont à faire face à l’évolution utilitariste de l’Éducation nationale. Mais ils-elles n’accepteront pas un service public déformé et détérioré, ni ne se soumettront à la prépondérance absolue de la raison économique pour ne plus être au service de tou-tes mais servir les intérêts des plus puissant-es...


[1suppression des Centres d’information et d’orientation (Cio)

[2Conseillers/Conseillères d’orientation psychologues

[3Service public régionalisé d’orientation