Le Tarn à l’avant-garde

Etablissements Publics d’Enseignement Primaire
jeudi 13 avril 2006
mis à jour jeudi 13 juillet 2006

Une campagne est actuellement menée dans le Tarn par l’Inspecteur d’Académie, secondé par les IEN, afin de mettre en place à la rentrée prochaine une expérimentation d’Etablissements Publics d’Enseignement Primaire, sur plusieurs réseaux d’écoles rurales du département. L’étape actuelle consiste à convaincre tous les partenaires concernés du bien fondé de cette expérimentation afin qu’ils acceptent de s’y impliquer.

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Ce projet est détaillé dans le document rédigé par M. Azéma, IA du Tarn, Ecole et Intercommunalité - L’école intercommunale en réseau ; une école sans statut. L’argumentation qui justifie cette expérimentation est la suivante : des réseaux d’écoles rurales sont en place dans le département depuis 1991 (le Tarn était déjà pionnier en la matière), animés par des animateurs pédagogiques (12,5 postes), et donnent des résultats très intéressants au niveau pédagogique : mutualisation de projets et d’activités, contacts réguliers, liaisons école - collège... Le problème est, selon M. Azéma, que ces réseaux pédagogiques sont dépourvus de statut. De plus, toujours selon M. Azéma, la commune et l’école communale sont mortes. La structure d’avenir est l’intercommunalité : elle permettrait de mettre en commun des moyens destinés à préserver les services publics en milieu rural. Elle permettrait ainsi de ralentir le phénomène d’exode scolaire : enfants habitant en milieu rural scolarisés en ville à cause du travail de leurs
parents et du manque d’accueil périscolaire dans leur village.

Dans ce rapport, l’analyse de l’école rurale actuelle (petite, plusieurs niveaux...) est tout à fait positive, si ce n’est que sont coût serait excessif. Enfin, le reste de l’argumentation est beaucoup plus subjectif et dépourvu de socle factuel : la faiblesse des effectifs serait un frein
à certains apprentissages, l’école rurale aurait une image trop négative, les parents ne voudraient plus de petites écoles ou de classes à plusieurs niveaux, et seraient en attente d’une meilleure prise en charge périscolaire.

Il serait donc nécessaire de renforcer le fonctionnement et l’autonomie des réseaux en leur donnant un statut d’EPEP, calqué sur celui des collèges. La structure prévue est la suivante : un directeur avec un statut comparable à celui d’un principal de collège (une formation commune) sera animateur du Conseil d’Administration, mais pas président, rôle réservé à un élu. Le CA sera constitué à parité : enseignants/usagers (conseils d’école et conseils des maîtres) et administration/élus. Il aura responsabilité en matière financière et juridique, autonomie administrative (carte scolaire et sans doute notation/ avancement) et pédagogique (définition du projet d’établissement contractualisé, mutualisation des moyens). Ce directeur sera recruté sur liste d’aptitudes, déchargé de classes et assisté d’un secrétariat. Quant aux élus, membres de ce CA, il faudra qu’ils acceptent de transférer leur compétence scolaire à l’intercommunalité (avec incitations budgétaires à la clé).
Sud éducation Tarn s’oppose à la création de ces établissements, même au niveau expérimental. En apparence, ce projet ne fait que transformer les réseaux d’écoles rurales déjà existants en EPEP pour leur donner un statut. Mais en fait, il s’agit d’un système permettant à un CA autonome de redistribuer à son gré des moyens et des postes constants. Il lui faudra gérer la mise en commun des équipements avec les collèges (langues, EPS, infrastructures), et il est évident que tout cela se fera sans attribution de matériel supplémentaire aux écoles. Il pourra « rentabiliser au mieux » les ATSEM. 

Au contraire, à Sud éducation, nous demandons des moyens pour que toutes les écoles, même à petits effectifs, puissent fonctionner et rester en milieu rural, et nous demandons à ce que l’accueil périscolaire soit garanti.

C’est ça le service public !

Enfin, le projet d’établissement contractualisé, et les différentes activités pédagogiques faites dans ce cadre, à l’image de ce que nous contestons dans les lycées et les collèges, seront acceptées et financées par les élus - ou refusés. Nous connaissons déjà les critères sur lesquels sont faits ces choix « pédagogiques » dans le second degré : « visibilité » de l’établissement, « est-ce que cela va plaire à la collectivité ? », acrobaties et léchage de bottes pour justifier de la nécessité d’un poste de plus alors que la dotation de l’établissement correspond déjà à la norme statistique. Enfin, comment les enseignants et usagers pourront-ils faire valoir leurs choix pédagogiques, ou leurs demandes de moyens (postes, matériel) dans un CA ou ils seront à parité avec les élus qui financent, et dont le président, à voix prépondérante, sera élu parmi les élus ? C’est la fin des conseils d’école et des conseils des maîtres. Ce n’est certainement pas la solution pour aller vers plus de démocratie. Pour l’instant, nous tentons d’organiser des votes au sein des réseaux « pour/contre » l’expérimentation d’EPEP. Un réseau a déjà refusé, et l’EPEP ne lui sera pas imposé. D’autres acceptent, et certains se voient déjà chef... grand chef... petit chef.

Sud éducation Tarn

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