Le développement de l’apprentissage : Attention Danger !

Tract de la Fédération Sud Education
jeudi 6 novembre 2014
mis à jour jeudi 13 novembre 2014

Sud Education s’oppose radicalement au développement des formations par apprentissage publiques et privées des jeunes en formation initiale.

L’objectif fixé par le gouvernement d’atteindre les 500.000 apprenti-e-s dans les années à venir, la réforme de la taxe d’apprentissage au profit des CFA, l’alternance (« fil rouge » de la conférence sociale du 7&8 juillet 2014), laissent craindre le pire concernant la scolarité des jeunes issus des classes populaires, les conditions de travail et statuts des enseignants et l’avenir des lycées professionnels.

Sur le fond :

L’apprentissage est souvent présenté comme la solution miracle à la crise économique et au chômage. Pourtant aucune étude n’a jamais démontré que l’apprentissage garantissait une meilleure insertion professionnelle si ce n’est dans les métiers en tension. Les entreprises sont réticentes à consacrer du temps à la formation sauf possibilité de rentabiliser à court terme une main d’œuvre peu onéreuse et défiscalisée. Cela, aux dépens des filières sous statut scolaire, qui délivrent un enseignement plus généraliste visant la préparation à un métier ou à une famille de métiers pérenne sur l’ensemble du territoire national et au-delà.
L’apprentissage, trop spécialisé, compromet l’accès à la poursuite d’études.
L’enseignement professionnel ne peut se réduire à un formatage au service du patronat local. Il doit, au même titre que les filières générales et technologiques permettre l’acquisition des savoirs généraux et l’apprentissage de la vie démocratique, former des individus libres et critiques, aptes à comprendre le monde qui les entoure et à agir pour le transformer. En matière d’éducation, le développement de l’apprentissage constitue une régression historique, indigne de l’école du 21ème siècle.

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Sur la forme :

Inévitablement, comme le préconisait déjà le gouvernement précédent, le projet actuel multipliera :
- les parcours mixés : un an sous statut scolaire + deux en apprentissage ou 2+1 selon les exigences des entreprises locales.
- le mélange des publics apprenti-e-s/élèves/adultes au sein des mêmes classes.
Aucune pratique pédagogique, aussi « différenciée » et « numérique » soit-elle ne pourra permettre de s’adapter à une telle hétérogénéité des publics.
La gestion de la multiplicité des parcours et de la périodicité temps scolaires /temps en entreprise étalée sur toute l’année augmentera l’embauche massive de précaires et initiera l’annualisation progressive des enseignants. Pour rappel, les apprenti-e-s sont soumis à la législation du droit du travail comme n’importe quel autre salarié, et à ce titre n’ont pas droit aux vacances scolaires.

AVANT GOÛT DE L’ANNUALISATION : LA SITUATION DECRITE CI-DESSOUS N’EST PAS DE LA SCIENCE FICTION !!

Des collègues ayant accepté d’effectuer des heures en apprentissage sur leurs obligations de service (18h) se sont vus au fil des années et des fermetures de sections sous statut scolaire proposer une proratisation de leur temps de travail en fonction du nombre de semaines effectuées en entreprise (20/36ème) par les apprenti-e-s. Ainsi le nombre d’heures payées devant apprenti-e-s, coefficientées à 0,56, doit être pratiquement doublé, pour être rémunéré à taux plein.

Comment lutter ?

Pour rappel, notre statut garantit :
- que les PLP enseignent à des élèves et non à des apprenti-e-s (article 30 du décret n°92-1189 du 6 novembre 1992 relatif au statut particulier des professeurs de lycée professionnel).
- que les obligations de service des PLP sont fixées à 18h, et que toute proratisation qui instituerait de fait une annualisation est proscrite.
- qu’un PLP est un fonctionnaire employé par l’Etat. Or, enseigner en UFA ou CFA public, implique un double d’employeur, l’Etat et la Région. Cela ne peut se faire sans NOTRE accord.
En cas de refus des enseignants, il arrive que directions et rectorat exercent un chantage aux suppressions de postes. Il ne faut pas céder car le processus est irréversible. Seul le rapport de force collectif peut permettre d’empêcher le développement de l’apprentissage.

Documents joints

Com Apprentissage
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