Le vote électronique : je signe contre !

Sandra hésite à signer la pétition contre le vote électronique
dimanche 22 janvier 2012

- Nous, les jeunes sortant de l’IUFM, sommes à l’aise avec l’informatique  ; c’est plus moderne et ça évite de détruire des arbres pour imprimer des bulletins de vote et des tas d’autres papiers. Je ne vois pas où est le problème ; il y a bien plus grave !

- Bien sûr, Sandra, il y a d’autres choses très graves qui méritent de se battre : les nouvelles modalités d’évaluation des enseignants, la journée de carence, le blocage des salaires, le fichage des élèves, les expulsions de familles sans-papiers… Mais à bien y réfléchir le vote électronique ne fait-il pas partie de ces choses graves  ?

D’abord, la plupart des collègues ont voté sans avoir lu les «  professions de foi » des listes qui se présentaient. Tu me l’as dit toi-même, tu as voté Sud éducation dans les 4 scrutins où tu étais électrice, sans aller voir ce que nous mettions en avant, ni ce que disaient les autres syndicats. Ce que tu as fait en votant Sud, des dizaines de milliers d’électeurs l’ont fait en votant pour d’autres syndicats, sans même prendre connaissance des revendications de chacun. Eh bien, tu vois Sandra, lors des élections précédentes, les collègues, pour la plupart, jetaient au moins un coup d’œil aux différentes propositions et se déterminaient aussi sur la base de ce qui était proposé par les uns et les autres. Alors que là, beaucoup de collègues me l’ont dit lorsque j’ai tourné dans les écoles, ils se sont déterminés sur les noms des candidats pour leur CAP, et ils ont cliqué sur le même syndicat pour les trois autres élections. Le plus important, dans une élection, c’est quand même de savoir les positions que le syndicat va défendre, non ?

Et puis ça ne te paraît pas troublant que le ministère ait confié l’organisation du vote à une entreprise privée dirigée par un ancien ministre de Sarkozy ? Le tout pour la jolie somme de 4,5 millions d’euros. Tu parles d’une économie ! Autant dire que cela n’aide pas à dissiper l’inquiétude que nous avons sur la garantie de la confidentialité du vote… Comment être persuadé à 100% que personne ne va infiltrer les serveurs ?

Tu dis que tu es à l’aise avec l’informatique, mais tu avoues toi-même que si je ne t’avais pas envoyé un mail, tu aurais laissé passer la date du scrutin. D’autres ont égaré la lettre où se trouvait leur identifiant. Quelques collègues de la circonscription se sont rendu compte le dernier jour que leur ordinateur n’était pas bien configuré. À plusieurs reprises j’ai dû faire du dépannage par téléphone durant le scrutin. Plutôt qu’un moment collectif, cette élection a été vécue comme une affaire privée à régler chacun chez soi.

Mais le pire, c’est qu’à cause d’erreurs administratives et des rigidités techniques, des milliers de collègues qui étaient inscrits sur les listes électorales n’ont pas pu voter. La méthode qui consiste à voter le même jour, en passant par un isoloir et en émargeant est bien rodée. Et même si une urne ne fait pas aussi « moderne » qu’un ordinateur, au moins cela ne risque pas de tomber en panne et tout le monde connaît le mode d’emploi ! C’est cela qui est fondamental dans une élection démocratique.

Alors, si mes arguments t’ont convaincue, je t’invite à signer et à faire signer la pétition contre le vote électronique.

Sud éducation Guyane et Sud éducation Orne