Les Jeux Olympiques à Paris en 2024 : une question syndicale aussi

jeudi 12 janvier 2017

La fédération Sud éducation est signataire de l’appel qui suit. Ce texte, rédigé par Fabien Ollier et Jean-Marie Brohm, animateurs de la revue Quel Sport ? [1], est également soutenu par ATTAC, Droit Au Logement, Centre Tricontinental (CETRI), Lutte Ouvrière et le NPA. De nombreux et nombreuses universitaires ont également manifesté leur soutien et Libération a publié ce texte.
Il n’est pas possible que le syndicalisme reste à l’écart de cette dénonciation. Les JO, c’est la casse du droit du travail sur chaque chantier, c’est le gaspillage d’argent public, c’est la socialisation des investissements pour la privatisation des produits, c’est le mensonge permanent sur l’utilisation future des installations pour la jeunesse. Nous ne voulons pas participer à ce mensonge.
Quotidiennement aux côtés des élèves, nous savons que la jeunesse est la première cible des marchands de ces foires du sport mondialisé. Nous constatons aussi souvent les difficultés matérielles pour l’activité physique en milieu scolaire. Il faut être bien naïf et naïve pour croire, comme la direction du SNEP, qu’il soit possible, face au Comité International Olympique et à ses soutiens financiers, de « fixer ses exigences afin que les JO portent notre vision de l’approche humaniste de l’activité sportive [2] ». Il n’y a pas de jeux là-dedans. Il y a le gaspillage honteux face à la misère du monde, il y a la triche, la corruption, le dopage… le capital qui se donne en spectacle.

Sud éducation Puy-de-Dôme /Allier

PÉTITION Non à la candidature de Paris aux Jeux 2024 !

Alors que le dépôt de la deuxième partie du dossier de candidature pour les Jeux de 2024 a eu lieu le 7 octobre 2016, les signataires du présent appel souhaitent manifester leur opposition à une opération de communication lancée à grands frais depuis le mois d’avril 2015 par la mairie de Paris, avec l’appui du président de la République et de l’ensemble du gouvernement. Le coût de la candidature aux JO 2024 (frais de candidature à verser au CIO, déplacements, plans de communication, honoraires des cabinets de consultants, frais généraux, etc.) est aujourd’hui estimé à 60 millions d’euros dans le cadre d’un « budget évolutif » pouvant aller jusqu’à 100 millions en fonction des besoins. Après la défection de Boston et de Hambourg, la nouvelle maire de Rome, Virginia Raggi, vient de refuser de soutenir une candidature italienne qu’elle juge « irresponsable » en disant « non aux Jeux du béton, non aux cathédrales dans le désert ! ».
Si l’Euro 2016 a coûté plus de deux milliards d’euros à l’État et aux collectivités territoriales pour rénover des grands stades privatisés et sécuriser les fans zones de l’UEFA au détriment de projets sociaux essentiels, l’organisation des Jeux pourrait grever encore plus les finances publiques mobilisées dans des constructions sportives sans réelle utilité sociale pour la majorité de la population. Compte tenu de l’augmentation massive du chômage, de l’exclusion, de la précarité et de la pauvreté en France (6 millions de chômeurs, 8 millions de pauvres), et dans un contexte marqué par des mesures d’austérité qui frappent tous les secteurs de la vie publique, nous estimons qu’il y a d’autres priorités qu’une candidature dispendieuse aux JO…

Signez et faites signer la pétition :
(https://www.change.org/p/anne-hidalgo-non-à-la-candidature-de-paris-aux-jeux-olympiques-2024?Recruiter=4) sur le site de Quel Sport ? [3] ou de Sud éducation (http://www.sudeducation.org/NON-a-la-candidature-de-Paris-aux.html)


[1Voir Quel Sport ? n°32 décembre 2016, La domination sportive dissidence ou participation, 140 p, 10 €

[2Revue EPS bulletin du SNEP n° 935 du 24 septembre 2016.

[3(voir le site http://www.quelsport.org/)