Les assistant-es de service social, toujours aussi mal loti-es !

Sud éducation Puy-de-Dôme / Allier et Sud éducation Vaucluse
jeudi 4 septembre 2014

À Sud éducation, notre conception des ASS est celle d’un service social spécialisé attaché à son rôle éducatif, de traitement et de prévention des situations sociales des élèves, des étudiant-es et des personnels, au sein des équipes d’établissement ou de service.

Des missions de plus en plus difficiles à assumer correctement

Dans un contexte général de crise sociale et de développement accru du chômage, les problèmes connus de nombreuses et nombreux élèves et étudiant-es, la stigmatisation des familles et des jeunes en difficulté depuis les lois de prévention de la délinquance, les jeunes isolé-es et sans papiers, viennent s’ajouter à la situation déjà critique de beaucoup d’établissements. Ces tensions ainsi que l’accroissement de la souffrance au travail qui en résulte pour les personnels, justifieraient le développement d’un service social plus important. Or, c’est tout le travail social qui est mis à mal depuis des années et la politique actuelle ne tend pas à inverser la tendance.
Cela commence par le manque de postes, qui accroît la charge de travail, oblige à multiplier les déplacements et réduit le temps de présence dans les établissements, au détriment des élèves, des étudiant-es et des personnels. Pire, lorsque de nouveaux établissements sont créés pour faire face aux flux démographiques, sans entraîner la création de poste d’ASS correspondant (en Seine-Saint-Denis, par exemple à cette rentrée), c’est tout le service social qui se dégrade encore et des élèves qu’on met en danger. Sud éducation revendique des moyens en personnels à la hauteur d’un service véritablement social : présence d’un-e ASS dans tous les établissements. On en est loin : ce sont beaucoup plus que les 50 postes concédés à cette rentrée (soit en moyenne moins d’un demi poste par département) qu’il faudrait créer.

Des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader

Les personnels des services sociaux de l’Éducation nationale, eux-mêmes, sont également touchés par l’aggravation de leurs conditions de travail. Suivant les académies, suppression des abonnements professionnels, disparition de la dotation annuelle en fournitures de bureau, difficultés récurrentes de remboursement des indemnités de déplacement, etc...sont monnaie courante. La formation et la documentation sont à la portion congrue. Le gouvernement a lancé à marche forcée une « refondation du travail social », le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne va pas dans le bon sens. Il est vrai qu’il a « oublié » de consulter les personnels.
Tout cela intervient dans un contexte de blocage des salaires et de restrictions budgétaires massives. La mise en place du Nouvel espace statutaire, maintenant les ASS dans la catégorie B, est parfaitement inacceptable (baisse de revenus pour les échelons intermédiaires, perte cumulée importante sur l’ensemble de la carrière) et n’a pas réglé le problème de fond : la double nécessité d’un reclassement en catégorie A, correspondant au niveau de formation et des augmentations uniformes de salaire pour toutes et tous.
Dans un passé récent, « on » a déjà essayé de sortir les services sociaux de l’Éducation nationale mais la lutte des personnels l’a empêché. Aujourd’hui, la politique de territorialisation fait courir de nouveaux dangers, avec le risque d’inégalités accrues entre territoires, au détriment de la qualité du service public. Comme pour l’ensemble des personnels non enseignants, la gestion et l’évaluation des ASS deviennent de plus en plus managériales et arbitraires.
Les élections professionnelles de décembre seront l’occasion pour les assis- tant-es de service social de dire quel syndicalisme elles ou ils veulent pour les représenter. Sud éducation leur propose des élu-es sans concession pour la défense de tous les personnels dans les instances paritaires, et un syndicalisme qui n’entend pas « accompagner » les politiques gouvernementales mais défendre et promouvoir un système scolaire qui ne soit pas celui du tri social.
Mais ne nous y trompons pas, Sud éducation n’attend pas les élections pour agir :

c’est DÈS MAINTENANT, à CETTE RENTRÉE, qu’il faut que s’organise LA LUTTE DES PERSONNELS pour OBTENIR des AVANCÉES SIGNIFICATIVES.