Les réductions de moyens, dévaluation des diplômes en lycée professionnel

dimanche 1er juillet 2012
mis à jour vendredi 5 octobre 2012

Texte voté au Vème congrès de la Fédération des syndicats SUD éducation, du 4 au 8 mai 2009 à Cherbourg

Les réductions de moyens, dévaluation des diplômes en lycée professionnel

La Fédération SUD éducation dénonce le saccage du service public d’éducation.

C’est le cas des réformes successives appliquées en lycée professionnel et particulièrement celles en cours depuis 1985.
Ce système permettait aux élèves d’avoir des diplômes reconnus nationalement par des Conventions Collectives (acquis de 1968). Cela a beaucoup contribué à la promotion de jeunes notamment de ceux issus de la classe ouvrière.

En 1985, la réforme instituant les baccalauréats professionnels a transformé le fonctionnement du Lycée Professionnel :

- les moyens ont été diminués fortement : horaires planchers en CAP, l’élève passe les épreuves avec un an et demi de formation contre trois ans antérieurement. Le niveau de formation ne peut être le même ;

- l’examen national terminal est progressivement remplacé par les Contrôles en Cours de Formation avec des arguments plus ou moins fallacieux comme la responsabilisation des enseignants. Des conseillers pédagogiques ont sévi dans les lycées pour faire connaître les réformes successives quand ce n’étaient pas les inspecteurs ;

- les programmes-progressions sont cassés. Les programmes ne peuvent plus être traités suite à la diminution du nombre d’heures. Des référentiels ont été institués dans les disciplines professionnelles, organisés en capacités, compétences et savoir-faire. Les enseignants sont censés amener les élèves à découvrir des méthodes d’apprentissage (utilisation des machines-outils, par exemple). Le ministre a baissé les coûts de formation. Le niveau d’exigences continue de baisser dans tous les enseignements.

En 2008, pour réduire le nombre des enseignants, la réforme des baccalauréats professionnels en 3 ans a été mise en place pour permettre de supprimer encore plus de moyens :

- les élèves de lycée professionnel, souvent en difficulté, voient leur possibilité de réussite diminuer. Ils ’auront plus que trois ans au lieu de quatre pour accéder au baccalauréat professionnel ;

- le ministère impose aux enseignants la création de leurs propres programmes locaux ou académiques pour rentrer dans un parcours de trois ans. Et cela sans avis des Commissions Professionnelles Consultatives qui voient leur rôle bafoué ;

- les diplômes perdant ainsi toute leur valeur nationale, les nouveaux textes sont modifiés : les seuils d’accueil des diplômes vont disparaître des Conventions collectives. Le Smic devient la règle pour tous les jeunes diplômés ou non ;
- le transfert des formations au privé aggrave la situation : le nombre de sections publiques fermées et le nombre de celles ouvertes dans l’enseignement privé montrent la direction prise. L’augmentation d’ouvertures de sections d’apprentissage en est le triste corollaire.

Loin d’avancer vers un enseignement polyculturel pour tous, les réformes successives du secondaire et particulièrement celle du lycée professionnel, contribuent à enfermer chaque élève dans sa voie, à le spécialiser dans un domaine réduit de son activité, calibré selon les besoins locaux du patronat.

La Fédération SUD éducation :
- refuse cette marchandisation des biens et des services faisant de l’école une marchandise destinée à faire du profit ;
- exige que les moyens supprimés soient restitués et que de nouveaux moyens soient attribués pour l’amélioration des conditions de travail des lycéens et des personnels ;
- revendique des diplômes nationaux.

Documents joints

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