Livret Personnel de Compétences

Campagne de boycott — saison 2
mardi 25 décembre 2012

En Mayenne, lors de l’année scolaire 2011/2012, Sud éducation 53 — avec la CNT et la CGT — s’est fortement investi dans la lutte contre le LPC. Point d’étape pour une bagarre qui n’est certainement pas terminée…

Tout au long de l’année scolaire 2011-2012, nous avons multiplié les réunions de secteurs de collèges. Là où il y avait du monde, le rejet du LPC était quasiment unanime, mais presque tout le monde s’apprêtait à le remplir plus ou moins n’importe comment, ce qui ne nous satisfaisait pas.

Notre difficulté était de transformer ce sentiment de rejet en acte. Or les réunions se succédaient, et personne n’osait franchir le premier pas de la désobéissance, de peur d’être aussi le premier à se faire aligner.

Chaque école attendait la décision de la voisine, chaque secteur celui d’à côté…

Au cours d’une énième réunion, l’idée est venue d’élaborer un document rappelant en quoi le LPC était inutile et dangereux… Mais surtout ce texte était un engagement de boycott (et surtout pas une pétition !). Il précisait que la liste des signataires ne serait rendue publique qu’à partir de 200 personnes engagées. Ainsi, les plus craintifs avaient-ils l’assurance de ne pas se retrouver trop isolés face à leur hiérarchie.

Cet engagement était accompagné d’un « kit » anti-LPC : courrier aux parents, argumentaire, feuille de liaison lisible pour les collègues du collège…

Nos objectifs étaient d’organiser un boycott collectif sans trop exposer les signataires, de mettre en place une vraie solidarité en cas de sanctions ou de pressions, de médiatiser notre refus afin de lancer un début de débat sur les questions du management à l’école, du fichage…

À la fin de l’année scolaire, 130 collègues s’étaient engagé·e·s, ce qui représente 10% de l’effectif du premier degré pour notre département. Il était clair que nous ne parviendrions pas à dépasser le seuil des 200.

À l’issue d’une ultime AG départementale, les présents ont malgré tout décidé de rendre publics les noms des collègues qui le souhaitaient. 85 personnes ont accepté (34 écoles concernées). Beaucoup d’entre elles enseignant en CE1 ou en CM2 avaient de toute façon décidé (seul·e·s ou en équipe) de boycotter  ; en revanche, elles souhaitaient demeurer dans un cadre collectif.

Nous avons donc communiqué en grande pompe les noms de ces « désobéisseur·euse·s » à la DASEN, en présence de la presse locale.

Dans un premier temps, il n’y a eu quasiment aucune réaction. Nous étions alors en période électorale, ceci expliquant sans doute cela. Même les plus tatillons de nos IEN semblaient avoir oublié le LPC…

Aucun d’entre nous n’a été fusillé

… mais à la rentrée de septembre, en attendant le « toilettage » du LPC par la nouvelle majorité, les pressions hiérarchiques sont apparues :
- sanction par la note d’inspection (un classique pour notre département) ;
- pressions d’un IEN vers une jeune directrice d’école ;
- menaces de convocation à l’IA.

Cette « mise sous pression » concernait autant des « désobéisseur·euse·s » assumé·e·s que des personnes qui ne voulaient pas faire de vagues, la différence étant que les second·e·s cédaient au premier coup de fil, quand les premier·ère·s n’ont pas lâché.

Tout le monde ou personne !

En octobre, nous avons initié une réunion invitant tous les signataires et au-delà. Nous avons pris la décision d’un soutien collectif aux collègues qui pourraient subir les foudres de la DASEN : nous ne les laisserons pas entrer s’ils ou elles sont convoqué·e·s. Par ailleurs, nous allons continuer notre travail de fond en distribuant un tract dénonçant la dangerosité du LPC, lors des animations pédagogiques.

Il reste beaucoup à faire pour que chacun·e des collègues de notre département prenne conscience des risques qu’implique l’absence de sens critique.

Sud éducation Mayenne