Lutte contre les fermetures de classe :

la solidarité parents/enseignant-es paye !
vendredi 11 novembre 2016

Les mesures de fermetures de classes annoncées en février 2016 pour le département (99 fermetures de classes et 83 ouvertures, pour 1066 élèves supplémentaires) ont eu pour effet un sursaut combatif de l’ensemble de la communauté éducative.

Enseignant-es, parents, élu-es, animateur-trices, personnel des écoles, beaucoup se sont senti-es concerné-es par cette violence terrible que représentent le mépris et la négation de l’évidence : les classes surchargées engendrent une injustice scolaire flagrante, une inégalité éclatante.

Face à cette violence, la résistance s’est organisée

Autour d’abord des enseignant-es et des parents des écoles concernées, puis avec l’appui des élu-es des municipalités touchées et des personnels des écoles. Des actions de sensibilisation ont vu le jour : occupations d’écoles, banderoles, pétitions papier et en ligne, rassemblements, assemblées générales, nuits des écoles, apparitions publiques dans des manifestations… La presse a été sollicitée à de nombreuses reprises et les actions ont pu être ainsi popularisées. Des collectifs parents-enseignant-es ont vu le jour, d’abord par communes puis au niveau départemental, grâce à des militant-es de Sud éducation notamment, qui en assurent la création et l’animation, dans le Collectif contre les fermetures de classes (collectif.ecoles.94@gmail.com).

Une large intersyndicale de syndicats enseignants rejoints par des associations de parents d’élèves tient depuis le début de la lutte. Le SNUDI-FO, SNUIPP-FSU, la CGT éduc’action, Sud éducation, la FCPE et la Peep composent ce collectif. Il a appelé à plusieurs rassemblements devant le ministère, la préfecture, la DSDEN où plusieurs audiences ont été obtenues, et les écoles accompagnées. Les élu-es ne sont pas en reste, avec une implication depuis le début auprès des écoles en lutte. Des vœux municipaux ont été votés… Le département s’est adressé à la Ministre dans une demande unanime pour obtenir une dotation exceptionnelle, mais normale, en postes d’enseignant-es. Si la revendication « une dotation supplémentaire pour le département » n’a pas été obtenue, cette lutte acharnée n’a pas été vaine.

Des écoles ont vu leur fermeture annulée

Bien souvent, ce sont les écoles mobilisées qui ont gagné la non-fermeture, ce qui prouve que la lutte paie ! Environ 45 fermetures ont été annulées en juin et septembre.

L’unité syndicale (à l’exception de l’UNSA) sur le département est un facteur important et pèse sur le rapport de force.

L’unité parents/enseignant-es est fondamentale et a aussi été un facteur primordial dans la lutte. Des liens se sont tissés entre écoles et communes. Le Collectif, qui ne fait que récolter de nouveaux-elles inscrit-es, en est l’illustration.

Surtout, l’incurie des chef-fes sur la gestion des écoles a pu être étalée au grand jour : les chiffres des futur-es élèves, transmis par les directeur-trices et les municipalités au mois de décembre, ont été « bidouillés », retravaillés, revus à la baisse pour justifier les suppressions de postes (rien que sur Champigny-sur Marne, 240 élèves avaient disparu !). Les délégations ont bien souvent été méprisées, les arguments de bon sens ont été balayés par des fonctionnaires zélé-es qui ne pensaient que calculatrice et moyenne nationale (la fameuse « équité territoriale », argument bidon servant à justifier l’injustifiable !).
Alors, même si les résultats en terme de postes d’enseignant-es sur le département ne sont pas satisfaisants, la lutte a au moins permis de freiner l’hémorragie. Surtout, elle a remis du collectif, de la solidarité, des valeurs qui étaient un peu en sommeil… Deux exemples : des écoles qui ont vu l’annulation de leur fermeture sont restées dans la lutte, pour aider les autres ! À Vitry-sur-Seine, une école a obtenu au mois d’octobre une ouverture de classe après trois semaines d’occupation par des parents déterminés, soutenus par les enseignant-es et Sud éducation.
Ce qui s’est construit ces derniers mois ne doit pas rester sans lendemain. Nous devons continuer, ensemble, à lutter pour une école plus juste et des moyens donnant à chaque enfant la possibilité de vivre une scolarité épanouie, de l’école à l’université. Nous devons continuer à mutualiser nos forces pour gagner sur les revendications légitimes. Nous devons continuer à nous informer mutuellement et à mettre nos forces en commun : ce n’est que comme cela que nous pourrons gagner.

Sud éducation Val de Marne