Lycée Uruguay d’Avon : on dénonce le harcèlement moral !

jeudi 12 janvier 2017

À l’appel de Sud éducation 94 et 77, environ 80 personnes se sont rassemblées devant le lycée Uruguay d’Avon (77) pour dénoncer le harcèlement moral, la souffrance au travail et les violences psychologiques. Si ce phénomène touche l’Éducation nationale, et notamment l’académie de Créteil, nous avons choisi le lycée Uruguay car 5 de nos collègues administratives y sont en souffrance du fait de méthodes managériales brutales et inadaptées.

Le lycée Uruguay d’Avon, un cas d’école

Une modification de l’organisation du service a été opérée avec l’arrivée d’un nouveau petit chef, alors que le service fonctionnait très bien. Ce qui a entraîné une désorganisation de ce service, avec des pressions sur les personnels, des changements d’horaire injustifiés, des convocations à répétions, des menaces de sanction, des reproches sur le fait d’avoir renseigné des fiches RSST (fournies par Sud car absentes du lycée). À cela s’ajoute la remise en question de la qualité du travail de 5 personnels par quelqu’un qui débute dans le métier, avec des reproches sur des faits insignifiants, ou sur lesquels les personnels n’ont pas de prise. L’une de ces personnes dit : « j’ai l’impression d’être une petite fille à qui l’on fait un sermon ». Les collègues sont convoquées individuellement pour leur mettre la pression, toujours face à deux personnes. Puis se sont ajoutées des agressions verbales et des intimidations physiques.
Un rapport a été rédigé par l’administration, comportant de fausses accusations parce qu’une collègue demandait à être entendue sur sa souffrance au travail. Ceci le12 juillet, juste à la veille des vacances. Rapport qui n’a jamais eu de suite… Pour justifier leur comportement, la direction s’est servie de la vie privée des collègues, en insinuant certains actes qui n’ont d’ailleurs jamais eu lieu.
Les collègues évoquent très clairement que la volonté de changement organisationnel complique le travail, crée une ambiance délétère, ponctuée d’ordres et de contre-ordres. Ça ne vise qu’à pointer les éventuelles erreurs, et à faire des reproches (souvent à tort). Cela fait régner dans le service une ambiance hostile et une tension latente. De plus le gestionnaire est agressif, aussi bien en parole que dans sa gestuelle. Les collègues ont déclaré qu’elles vivaient une situation insupportable et qu’elles viennent toutes travailler à reculons.

Le rectorat aux abonnés absents

Le rectorat, alors qu’il possède tous les moyens légaux et juridiques pour régler ces problèmes, se déclare impuissant. Nous y voyons surtout de la mauvaise volonté ou plutôt la volonté de ne pas désavouer la hiérarchie. Ainsi, une collègue s’est vue reconnaître 15 jours d’ITT (Interruption Temporaire de Travail) par la justice et le rectorat refuse de reconnaître son accident de service ; son harceleur présumé sera jugé devant le TGI de Melun, mais le rectorat refuse, sans qu’aucune enquête n’ait été menée au préalable, d’accorder une protection fonctionnelle pour cette même collègue.
La vérité est que les personnels qui se plaignent de violences psychologiques, de harcèlement moral, se voient menacé-es, contraint-es de quitter leur affectation pour une autre, alors que les textes prévoient que ce sont les harceleurs qui doivent partir. Pire, nous avons été confronté-es au cas d’un personnel encadrant qui a fait l’objet de signalements de la part d’une vingtaine de personnes (agents, administratifs) et qui s’est vu infliger la sanction suivante : « passe de gestionnaire à faisant fonction de proviseur ». Dans le même temps, la protection fonctionnelle a été refusée à la collègue harcelée.
Le rectorat, avec la complicité des commissions de réforme et de soi-disant médecins, inféodés à l’employeur, refuse systématiquement toute reconnaissance d’accident de service pour choc émotionnel ou de maladie professionnelle pour harcèlement, violence psychologique, etc. Nous avons obtenu la reconnaissance d’un accident de service pour un personnel contractuel, après un entretien au rectorat de Créteil : la différence est que les contractuel-les dépendent de la CPAM.
Tant que le rectorat de Créteil cautionnera ces agissements et refusera de prendre en compte les risques psycho-sociaux comme faisant partie intégrante de la santé et la sécurité au travail, les personnels resteront en souffrance. Car comme souvent, les harceleur-euses, les pervers-es narcissiques, sont les plus soucieux/soucieuses de respecter l’ordre hiérarchique, donc les plus obéissant-es. Plus que jamais le combat anti-hiérarchique est bien d’actualité.

Sud éducation Val-de-Marne