Manœuvres honteuses !

Communiqué du jeudi 19 avril 2012
lundi 23 avril 2012
mis à jour mardi 24 avril 2012

Jusquʼau dernier moment, le ministère de lʼÉducation nationale (MEN) se sera acharné contre les
conseillers dʼorientation-psychologues et les directeurs de CIO.

En catimini, sans aucune concertation préalable, celui-ci vient en effet de publier deux arrêtés qui visent
à transformer les conditions de recrutement des conseillers dʼorientation-psychologues.

Conformément à la loi du 25 Juillet 1985, relative à lʼusage du titre de psychologue, les conseillers
dʼorientation-psychologues sont recrutés sur la base dʼun concours, ouvert aux titulaires de la licence de
psychologie. Ce recrutement est suivi dʼune formation dʼune durée de deux ans débouchant sur un
diplôme national, le DECOP, dont la possession autorise lʼexercice en tant que conseiller dʼorientation psychologue
et lʼusage du titre de psychologue.

Le MEN vient de décider dʼouvrir une brèche dans ce dispositif, en autorisant une commission interne à
délivrer une équivalence à la licence de psychologie pour se présenter au concours. Nos organisations
syndicales voient mal quel cursus ou quel parcours professionnel pourrait être jugé « équivalent » à une
licence de psychologie ! Dans le contexte de la mise en place du SPO et des labellisations à marche
forcée, elles craignent que lʼintention effective du MEN soit de permettre à des personnes sans aucune
formation antérieure en psychologie, dʼentrer dans un cursus construit pour des étudiants possédant
une licence en psychologie.

Cette décision est dʼautant plus alarmante que le contenu des épreuves a été modifié dans un sens qui
réduit les exigences en psychologie au profit de connaissances en « macro et micro » économie, et
privilégie une vision utilitariste et illusoire de lʼadéquation immédiate, formation-orientation-emploi. Quelle
pertinence pour conseiller des élèves qui entreront dans la vie professionnelle à échéance de 3 à 10
ans ?

Il est clair que cette décision, conduite dans le plus grand secret alors que le MEN avait annoncé
lʼouverture de discussions dans la poursuite du groupe de travail sur les missions, est un gage donné à
ceux qui veulent faire évoluer le métier vers celui de conseiller en insertion !

La place des conseillers dʼorientation-psychologues est dans lʼÉducation nationale, dans les CIO et les
établissements. Leur travail est de permettre aux adolescents de se projeter dans lʼavenir, de construire
un parcours de formation et de donner du sens à leurs études. Pour cela, il faut que les élèves aient une
estime suffisante dʼeux-mêmes, ne soient pas en échec ou en voie de décrochage, quʼils passent le cap
des évolutions nécessaires mais parfois tumultueuses liées à lʼadolescence. Le rôle des conseillers
dʼorientation-psychologues est justement de les y aider, en contribuant à leur réussite scolaire et à leur
épanouissement en lien avec les parents et les équipes dans les établissements
En faisant ce choix, le MEN envoie un message très négatif à la profession, malmenée par les
labellisations « sauvages » qui se mettent en place dans les régions.
Le SNES-FSU, la CGT Educʼaction et SUD Éducation demandent lʼabrogation de ces deux arrêtés.

Le SNES-FSU, la CGT Educʼaction et SUD Éducation demandent lʼabrogation de ces deux arrêtés.
Le recrutement des conseillers dʼorientation-psychologues doit rester conforme à la loi de 1985 et être
significativement augmenté pour permettre un exercice complet des missions dans les établissements et
les CIO.

SNES-FSU, CGT Educʼaction et SUD Éducation

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