Masterisation Chatel-Pécresse : la fin de la formation professionnelle des enseignants

vendredi 4 décembre 2009
mis à jour jeudi 28 janvier 2010

Le 13 novembre dernier, Luc Chatel présentait son projet de transformation de la formation des enseignants à
certaines organisations syndicales. En s’appuyant sur une idéologie qui prétend qu’enseigner ne requiert pas
de formation professionnelle, il s’agit de supprimer l’année de stage de formation professionnelle effectuée en
alternance entre établissement et IUFM et de la transformer en 5e année d’études supérieures. Ce projet est
strictement le même que celui qui avait été présenté par Darcos et Pécresse l’année dernière, avec des
détails l’aggravant encore (place du concours dans le cursus par exemple).Voir le doc du ministère joint.

Un front du refus ?

En apparence, tous les syndicats, les associations, la conférence des directeurs d’IUFM, tout le monde s’oppose au projet. Sur nombre de points, SUD éducation partage l’analyse commune des syndicats et associations : dégradation de la qualité de la formation, difficulté accrue pour suivre de longues études non rémunérées, affectation de stagiaires insuffisamment formés dans les classes.

Mais les raisons de s’opposer ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Certains ont intégré le cadre imposé par le ministère et revendiquent une « bonne » mastérisation. Leur désaccord d’aujourd’hui porte plus sur le refus du ministre de lâcher des miettes que sur une opposition fondamentale à ce que nous considérons comme une formidable attaque contre le statut des enseignants : harmoniser la formation des enseignants dans le cadre libéral européen ne peut déboucher à terme que sur la réduction du nombre d’enseignants titulaires, voire la suppression du statut de professeur fonctionnaire de l’État.

Comment ne pas voir que cette mastérisation va créer un vivier de « reçus au master — collés au concours », vivier dans lequel le ministère puiserait à volonté pour mettre devant des élèves des contractuels sans statut ?

SUD éducation réaffirme son opposition au projet Chatel. Il n’y a rien à transiger, rien à négocier dans cette réforme dont l’issue est la précarisation, la flexibilité des personnels et la dégradation des conditions d’enseignement pour les personnels et pour les élèves. Sud éducation exige l’abrogation des décrets du 28 juillet 2009 et le retrait de la circulaire no 2009-109 du 20-8-2009 portant sur l’organisation de stages pour les étudiants en master se destinant aux métiers de l’enseignement.

Refus collectif des stages

Le décret du 27 août 2009 concernant les différents types de stages proposés en master 1 et 2 est révélateur de tous les maux inhérents à la réforme de la formation des enseignants :
- des stages en responsabilités qui viendront alourdir une année de M2 déjà très chargée, d’une part par le travail nécessaire à l’obtention du master 2, et d’autre part par la préparation au concours ;
- des stages alléchants pour les jeunes car rémunérés. Donc les étudiants les moins soutenus financièrement par leur famille essaieront d’obtenir les 3000 euros et tenteront d’effectuer les 108 heures de stages en responsabilité nécessaire pour cela ;
- les 2 points précédents auront pour conséquence une grande difficulté (voire une impossibilité pour les jeunes de condition modeste) d’obtenir en 2 années post licence le concours et le diplôme de master 2.

Ceci est inacceptable et montre l’iniquité de cette réforme présentée comme une avancée par le gouvernement.

SUD éducation appelle dès cette année « de transition » à organiser le refus collectif de mettre en place ces stages, qui anticipent la réforme en envoyant en responsabilité devant des classes des étudiants sans formation. Voir notre appel.

Il faut construire la lutte pour en finir avec la masterisation !

Un regroupement de syndicats et d’associations appelle à une journée d’action sur la formation des enseignants le 15 décembre 2009. Ce regroupement ne remet pas clairement en cause le principe du recrutement à l’issue d’un master (ce qui n’est pas la même chose que l’attribution d’un master à l’issue de la formation professionnelle), mais vise à obtenir des aménagements de la part du ministère .

SUD éducation appelle à développer la lutte pour le retrait de cette réforme, dans l’unité des personnels de la maternelle à l’université, et en lien avec les initiatives existantes, locales et nationales (tracts, Assemblées générales, manifestations, grèves, ...) sur les revendications énoncées ci-dessous.(NB : Un préavis de grève posé par Sud couvre tous les personnels) :

  1. La licence doit rester le diplôme permettant aux étudiants de se présenter aux concours de recrutement.
  2. Il faut maintenir dans l’enseignement supérieur un institut spécifique de formation professionnelle des enseignants
  3. Nous revendiquons l’allongement de la formation professionnelle : deux années salariées pleines, en tant que stagiaire rémunéré, après l’obtention du concours pour poursuivre la formation disciplinaire, didactique et pédagogique.
  4. Pour former les enseignants, il faut des formateurs de différentes catégories : enseignants-chercheurs, enseignants des premier et second degrés, maîtres-formateurs...

ce tract en pdf :

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tract fédéral masterisation

Positions de Sud Education sur la masterisation :

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positions de Sud Education masterisation

Docs annexes :

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doc ministère sur la masterisation décembre
PDF - 124.8 ko
boycott des stages masterisation

Documents joints

doc ministère sur la masterisation décembre
doc ministère sur la masterisation décembre
boycott des stages masterisation
boycott des stages masterisation