Maux de dettes

samedi 8 septembre 2012

La dette, son origine, ses conséquences, son annulation totale ou partielle, sont souvent évoquées comme sources de maux. Et pourtant, la dette a pu aussi être porteuse de solidarités. Alors, la dette, les dettes, de quoi parle-t-on ?

Au commencement était la dette

Bien avant l’invention de la monnaie et des lettres de change, avant même l’idée de troc, et au cœur des relations d’échanges il y avait la dette  : face à un service rendu, il y avait une dette morale. La seule fonction de la dette était alors l’entraide, le travail collaboratif, le partage.

Et puis lorsqu’il fallut décider d’un système de retraite, là encore on fit appel à la solidarité, cette fois entre générations : c’est notre système de retraite par répartition. Nous cotisons pour les retraités parce que nous avons une dette à leur égard, même si on peut discuter de l’héritage laissé par les anciennes générations. Les systèmes par capitalisation ou par points nient cette dette et veulent détruire cette solidarité.

Un autre type de dette est aussi passé sous silence : la dette écologique. Depuis des générations, nous empruntons, nous volons, nous épuisons une terre qui semble déjà par ailleurs nous le faire payer : sécheresse et canicule ici, pluies diluviennes ailleurs, tempêtes ou ouragans destructeurs là… Et comme toujours, ceux qui paient la note sont aussi les plus pauvres, qu’il s’agisse de continents, de pays ou de personnes. Ainsi, 2010 a connu un nombre exceptionnel de catastrophes naturelles, dont 95% des victimes vivaient dans les pays pauvres. À Haïti, ce sont d’abord les bidonvilles de Port-au-Prince qui ont été touchés. L’ouragan Katrina en 2005 révélait aussi les inégalités entre pauvres et riches, noirs et blancs aux États-Unis.

Critiquer, refuser, exiger l’annulation des dettes souveraines…

… — surtout lorsqu’elles ont été gonflées par des taux d’intérêt qui relèvent de l’usure, par un défaut majeur dans la répartition des richesses et une politique fiscale faite au profit des plus riches — est un devoir pour tous ceux qui comprennent qu’il faut défendre nos intérêts de classe. Cependant, il faut que l’on continue à penser la dette sous ses différents aspects sans la restreindre à la vision que la classe dominante cherche à nous imposer.

Sud éducation Alpes maritimes