Mayotte, 101e département ou République bananière ?

dimanche 22 janvier 2012

Après avoir désastreusement géré la grève contre la vie chère, le Préfet de Mayotte, accompagné de son acolyte le vice-recteur, en remet une couche en s’attaquant aux représentants des syndicats enseignants et des associations au service des droits humains.

Décidément, à Mayotte, il n’est pas bon de vouloir user de sa liberté d’expression !

Oser critiquer ou s’opposer à la politique du vice-recteur ou du Préfet est un crime de lèse-majesté passible de sanctions. 17 de nos collègues viennent de faire les frais de cette chasse aux sorcières.

La « périnnisation » (du nom de notre cher vice-recteur, François-Marie Perrin) des postes sur Mayotte n’est pas à l’ordre du jour si vous êtes en conflit avec votre hiérarchie, si vous êtes représentant syndical ou si vous remplissez un rôle de premier plan dans le monde social… et puis surtout pas de vague, voilà ce qui prévaut.

« Prends l’oseille et casse-toi »,…

… tel pourrait être le titre du mauvais film qui se joue actuellement ici.

En effet, non content de laisser perdurer des conditions d’enseignement indignes (classes surchargées dans des collèges et lycées de près de 2000 élèves qui n’ont même pas droit à une restauration scolaire), dans un climat social très tendu depuis le début de l’année scolaire (grève contre la vie chère), le vice-recteur prend le risque insensé de se retrouver le bec dans l’eau à la rentrée prochaine par manque d’enseignants.

Opération coup de poing donc cette année de la part du vice-rectorat de Mayotte, qui pour la première fois, cible clairement des représentants syndicaux et le président du RESFIM (RESF de l’île de Mayotte).

Le décret de 1996 modifié, à l’origine de ce coup de baguette magique annuel, ne l’obligeant pas à formuler de motivations, c’est pain bénit pour décapiter les organisations gênantes, celles qui veulent faire respecter les droits : droits syndicaux, droits d’expression, droits des enfants, droits des minorités…

Sud éducation Mayotte s’élève contre ces mesures de sanctions déguisées, prises arbitrairement qui ne visent qu’à museler toute expression ou contestation et à nier les droits constitutionnels que sont la liberté syndicale ou d’association.

Des droits bafoués

Pour le Préfet et son acolyte le vice-recteur, Mayotte doit rester un territoire où les droits sont bafoués et où ils agissent et réagissent comme les despotes des républiques bananières. À l’heure où les habitants de Mayotte ont montré leurs souffrances, Sud éducation Mayotte s’indigne que l’on veuille garder le 101e département français territoire de non-droit.

Sud éducation Mayotte dénonce toute sanction à l’encontre de travailleurs de l’Éducation nationale qui ont simplement usé de leur droit syndical ou qui se sont exprimés librement.

Comment se fait-il qu’à l’heure où cette île rentre dans le rang du droit commun, au même titre que les autres départements français, l’éducation fasse exception ? De tous les points de vue, Mayotte ressemble plus à « l’île mystérieuse » qu’au tout nouveau département que l’État s’enorgueillit de nous présenter. Décisions arbitraires, négation des droits, autoritarisme et néo-colonialisme constituent le mode de fonctionnement de ce petit territoire du bout du monde. Combien de temps encore ce paternalisme va-t-il durer avant que les choses n’évoluent dans le bon sens… celui des mêmes droits pour le même statut  ?

Sud éducation Mayotte