Mayotte : Haro contre Sud éducation et les droits syndicaux !

Sud éducation Mayotte
vendredi 21 mars 2014

À Mayotte, la chasse aux syndicalistes a commencé en 2011 avec le non-renouvellement d’une militante de Sud éducation. Les refus d’ASA (autorisation spéciale d’absence) ou de congés pour formation syndicale à chaque stage de Sud éducation et la mutation d’office de son secrétaire ont suivi. Malgré 1/3 des élus à la CAPL des ADJAENES (adjoint administratif) et 3/3 sur une liste d’union SUD-FO à celle des ATEC (agent techniques), le VR (vice-rectorat) évince Sud du CEN (conseil de L’EN) et le SG (secrétaire général) lui retire son local occupé depuis 2008, SG aux abonnés absents pour répondre à nos demandes d’explications.

Le vice-royaume des petits chefs nostalgiques du bon vieux temps des colonies

La présence pour la 1ère fois à Mayotte d’un DRH externe à l’EN n’y a rien fait. Censé mettre de l’ordre dans la gestion désastreuse des personnels, il fut banni au bout d’un an, pour avoir désavoué sa hiérarchie. Ici, une principale refuse de transmettre les doléances d’agents par la voie hiérarchique et le personnel de direction va jusqu’à frapper un agent. Là, des agents voient leur salaire injustement amputé pour grève. Ailleurs, où Sud est très implanté chez les contractuel-les, une principale désigne les personnes à licencier, fermant le local syndical et refusant systématiquement les demandes pour congé de formation syndicale quand elles émanent de Sud éducation.

Licenciement massif des ATOS !

Courant 2013, le MEN aurait annoncé que la capacité d’embauche était dépassée au VR. Depuis plusieurs années, le nombre des IATOSS n’a pas été réévalué (hormis quelques dotations aux nouveaux établissements), et ce malgré une croissance constante du nombre d’élèves, enseignant-es à gérer et de locaux à entretenir. à la rentrée 2013, le VR licencie 35 agents en confiant aux chefs d’établissement le choix des sacrifié-es, au premier rang desquels des militant-es Sud éducation. D’autre part, c’est l’occasion de ne pas CDIser nombre de collègues embauché-es depuis plusieurs années (voire 6 ans moins dix jours !) en les laissant sur le carreau sans aucune allocation, pendant plus de quatre mois et en effaçant toute leur ancienneté ! Les besoins restant criants, le VR n’hésite pas à piocher chez les agents du CG, trop content de dégonfler du même coup sa masse salariale. En plus, la majorité des contrats aidés (CUI, contrat unique d’insertion) exécutent des tâches d’entretien des locaux, plutôt que des tâches d’AVS (auxiliaire de vie scolaire) ou surveillant-es, pour pallier au manque d’agents titulaires, et pour ceux-là et celles-là, aucune formation qualifiante n’est proposée.

Les oublié-es de la loi Sauvadet !

Rappelons que les ATEC n’ont toujours pas été décentralisé-es, et l’État refuse d’ouvrir des concours réservés, laissant tout-es ces contractuel-les dans la précarité. Si on veut être renouvelé, on ne moufte pas, et pour "tenir" leurs personnels, les principaux disposent de dossiers professionnels bien plus complets que les officiels du VR. Contractuel-les ou titulaires, cela ne dérangeait pas le VR que les ATEC et ADJAENES mahorais-es soient payé-es sur une grille indiciaire inférieure à celle des collègues venu-es de métropole, et ce jusqu’à ce que Sud oblige la DPA (division du personnel administratif) à respecter le principe d’égalité pour tout-es.

Pas un sou pour les contractuel-les licencié-es !

Avant 2013, aucun-e contractuel-le de l’EN n’avait droit au chômage. Le droit aux ARE (allocation d’aide au retour à l’emploi) est instauré depuis le 1er janvier 2013. L’information ne nous sera révélée que lors de discussions avec la préfecture. Pour sa part, le VR affirme qu’il n’est pas équipé pour gérer l’ARE. Dès la rentrée 2013, des ATEC et des enseignant-es sont renvoyé-es après plusieurs années sans percevoir d’allocations chômage. Courant septembre, le VR annonce qu’une convention sera signée avec Pôle emploi pour gérer le problème. Ce dernier leur réclame l’attestation de l’employeur (le VR) qui refuse de la fournir. Aujourd’hui le VR annonce qu’il faut aller à Pôle emploi afin d’examiner l’éligibilité pour qu’il verse ensuite les ARE et d’éventuelles indemnités pour rupture de contrat. à ce jour, aucune convention n’a été signée et aucun-e contractuel-le n’a perçu les ARE. Tout cela montre le dédain du VR pour ses agents les plus précaires. Dans sa vision ethnocentrée, il fait comme si l’emploi de contractuel-les n’était qu’un "complément" pour les conjoint-es des titulaires de passage et dans les autres cas, c’est déjà mieux qu’un CUI pour les Mahorais-es incapables de passer un concours.

L’aberration de l’intégration des agents de Mayotte !

M. N., surveillant en collège, est intégré dans le corps des ATM au lieu des AAM. Son principal décide alors que M. N. prendra le balai car il fait partie des ATEC. Or, M. N. n’a jamais été informé de cette intégration. C’est chose faite presque 3 ans après ! Il conteste la décision au TA qui refuse de statuer en référé. Pendant ce temps son chef le sanctionne pour abandon de poste. Le VR convoque un conseil de discipline au cours duquel le supérieur hiérarchique brandit des pièces de son dossier professionnel en toute illégalité. Les irrégularités ne s’arrêtent pas là et conduisent le VR à ne prendre aucune sanction. Fin 2013, bis repetita pour les mêmes motifs sans l’intéressé qui n’a pas reçu de convocation ! Aujourd’hui encore des agents sont intégré-es dans un corps ne correspondant pas à leurs fonctions et le préfet gagne du temps avec 4 groupes de travail et un rapport qui serait envoyé au MFP. En attendant que ce dernier agisse, le corps transitoire s’éteindra automatiquement en 2015 sans prendre en compte l’ancienneté des agents ni corriger les erreurs d’intégration.

Un Conseil Général sans parole et contre le service public !

Début 2013 le CG prépare la privatisation du service des médiateurs et médiatrices et octroie le marché des transports scolaires à l’entreprise privée MATIS. Les chauffeurs de bus ont vite besoin d’accompagnateurs pour assurer leur sécurité et les agents de médiation passent de 8 à 105. Pour prévenir les bagarres entre élèves aux abords des établissements, le CG décide d’augmenter le temps de travail des agents au mépris de la législation (dépassement de l’amplitude et de la durée maximale de travail, temps de récupération journalier insuffisant, pas de pause...). Quand les médiateurs soulèvent le lièvre, ils se syndiquent en masse à Sud éducation et obtiennent un protocole de fin de conflit avec aménagement d’horaires, respect des droits syndicaux, revalorisation de + de 200 euros€/ mois, plan de résorption de la précarité et respect des obligations du CG pour leurs conditions de travail (salle de repos, tenues de travail, etc.). Le CG profite des vacances scolaires pour renier ses engagements et se débarrasser du service des médiateurs et médiatrices en le privatisant au profit de son "poulain". Celles et ceux qui refusent d’être mis-es à disposition sont dispersé-es hors du CG et les contractuel-les renvoyé-es. Sans aucun respect pour les enfants (abandon de l’ASE, aide sociale à l’enfance), ni pour ses employé-es, le CG ne protège que ses propres intérêts. Malgré tout et avec le soutien de Sud éducation, les agents créent SUD CG et continuent à défendre leurs collègues.

Chronique d’une catastrophe annoncée !

Fin 2013, l’indexation des fonctionnaires locaux est enfin mise en place et le gouvernement décide, sans aucune concertation, l’imposition rétroactive des indemnités d’éloignement pour tous et toutes. Alors même que l’indexation n’est qu’à un taux ridicule et que l’IPSG (indemnité de sujétion géographique) n’est pas encore en place, cette mesure constitue un signal négatif pour les futur-es arrivant-es et une rupture du "contrat moral" entre l’État et ses fonctionnaires. Si, en juin 2013, Solidaires est restée seule à défendre la plate-forme autrefois intersyndicale, courant août, une intersyndicale se monte sans elle. Opposée aux décrets de 96 (prévoyant l’IE et la limitation des séjours) et seule favorable à une indexation forte, Solidaires rejoint la mobilisation et participe pleinement à la grève durant plus d’un mois. Le refus d’élargir la plate-forme des revendications, malgré le soutien de certains syndicats, nous oblige alors à prendre nos distances avec un mouvement qui se veut corporatiste. Les agents et contractuel-les, mais aussi nombre de titulaires connaissent les positions de Sud et ne font pas l’amalgame avec celles des syndicats catégoriels.
Depuis plus d’un an les personnels du VR ne peuvent bénéficier du FIAS (fonds interministériel d’action sociale) et la préfecture n’a toujours pas réuni la commission d’attribution malgré nos demandes répétées. De même, il n’y a plus de médecin conseil pour le VR alors que le précédent a vu passer tant de dossiers pour harcèlement ou "burn-out" de collègues. Nous continuons à défendre les valeurs Solidaires, Unitaires et Démocratiques, même si la route est longue pour y arriver, "marcheur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant."- A. Machado.