Mayotte : opération scandaleuse avant les élections

Sud éducation Mayotte
jeudi 4 septembre 2014

Avant de quitter Mayotte, le vice-recteur doit-il être poursuivi pour « abus de faiblesse » ? [1]

Un document daté du 5 juin et communiqué ou arrivé dans certains établissements scolaires aux alentours du 10 juin, demande aux collègues Adjoint-es techniques des établissements d’enseignement (ATEE) de se prononcer avant le 17 juin pour leur intégration dans le corps des Adjoint- es techniques recherche et formation (ATRF), annonçant faussement que ce serait « plus favorable »... !
Mais bien sûr, aucune explication donnée à ce « plus favorable ». Les collègues sont convoqué-es individuellement et on les incite à écrire un courrier aussitôt, on va même jusqu’à écrire le courrier à leur place et elles ou ils n’ont alors plus qu’à le signer.

Ces pratiques sont scandaleuses et néocoloniales !

L’attitude du vice-rectorat est toujours la même : aucune information, aucune concertation ni avec les travailleuses ou les travailleurs ni avec leurs représentant-es, on impose à la hussarde ! Jamais on ne se permettrait cela en métropole (les ATEE ont eu plusieurs mois avant d’opter pour le détachement hors du ministère de l’Education nationale).

Pour Sud éducation, il faut que toutes et tous les ATEE qui ont signé reprennent leur courrier et annulent leurs demandes !

Contrairement à ce que prétend le vice-rectorat, le changement de statut n’est pas favorable. En effet, du point de vue des promotions, c’est moins facile car les ATRF doivent écrire un rapport d’activité pour être promu-es, ce qui n’existe pas pour les ATEE.
Du point de vue de la rémunération principale, l’intégration au corps des ATRF ne présente aucun avantage, car la différence d’une dizaine d’euros n’existe qu’en début d’échelon.
Enfin, lorsque le vice-rectorat évoque de meilleures possibilités de mobilité, rien n’est garanti en raison des règles qui régissent les mutations dans le corps des ATRF.

Le vice-rectorat voudrait-il « débarrasser » le ministère de l’Education nationale ? En effet, comme le corps des ATRF est géré par le ministère de l’Enseignement supérieur et non par le ministère de l’Education nationale, ce qui change c’est que pour les prochaines élections, les ATEE ne voteront plus pour le Comité Technique Ministériel (CTM) Éducation nationale mais pour le CTM Enseignement supérieur, ce qui veut dire qu’il leur sera beaucoup plus difficile de se faire entendre... !

Nous exigeons que le vice-rectorat revienne sur cette opération scandaleuse et mette immédiatement en place une consultation avec les syndicats représentatifs des ATEE !


[1Un abus de faiblesse consiste à exploiter l’état d’ignorance d’une personne pour l’amener à prendre des engagements dans l’urgence, c’est-à-dire sans avoir eu le temps de demander conseil à une personne.