Multiplier les moyens d’actions pour lutter contre la réforme du collège

La démission des conseils pédagogiques comme mode d’action pour lutter contre la réforme.
mardi 8 mars 2016

Face à l’absence de dialogue de notre ministre, des collègues ont été contraint-es de trouver de nouvelles modalités d’actions. La démission des conseils pédagogiques et autres instances consultatives non obligatoires pourrait accompagner les différentes grèves à venir. Nous proposons un témoignage sur ce mode d’action afin de réfléchir sur les différentes manières d’empêcher la mise en place d’une réforme dont nous ne voulons pas.

Une réforme qui détruit toute motivation.

En imposant la réforme du collège, le gouvernement a oublié le fait que les enseignant-es s’efforcent de lutter à leur niveau contre les inégalités sociales et culturelles. S’ajoute à cela la manière qu’a le gouvernement de l’imposer ; montrant, une fois de plus, le peu de considération qu’il a à l’encontre du corps enseignant.

Les enseignant-es sont déjà nombreux-ses à diversifier les pratiques pédagogiques. L’interdisciplinarité et l’organisation de projets innovants existent déjà dans les établissements. Ce n’est certainement pas en imposant par décret un type de pédagogie que l’on motivera les enseignant-es à multiplier ce type d’action. Il semblerait plus judicieux de les encourager à poursuivre leurs activités en mobilisant des heures de concertation. Sud éducation revendique d’ailleurs 3 heures de concertation intégrées dans le service des enseignant-es et inscrites à leur emploi du temps. Cela permettra de reconnaître, enfin, l’immense travail que fournissent les enseignant-es.

Aujourd’hui, les enseignant-es se retrouvent contraint-es de se former, obligé-es de travailler avec des personnes qu’ils/elles ne connaitront peut-être pas l’année prochaine, soumis-es à des emplois du temps variables, assujetti-es aux décisions d’un-e chef-fe d’établissement au pouvoir renforcé, forcé-es de mendier pour que les élèves s’inscrivent dans leur matière. Face à cette réforme qui se caractérise, dans le fond comme dans la forme, par l’accroissement des inégalités, il semble que nous devrions associer à la grève classique (manifestation, boycott) une multiplicité d’actions qui pourront faire réagir le ministère.

La multiplication des moyens de lutte pour mobiliser.

Dans un collège près de Lille, les enseignant-es ont démissioné des conseils pédagogiques et refusé de proposer des EPI. Cette multiplication des actions a permis d’accompagner un appel à une grève qui a su trouver un certain echos. La proposition graduelle d’actions concrètes et effectives a permis de reconstruire un sens du collectif auprès d’enseignant-es habituellement peu enclin-es à se mobiliser. L’action collective peut ainsi se construire par petites touches. La multiplication des réunions tardives organisée par une principale particulièrement zélée a pu offrir un terreau fertile pour motiver des enseignant-es dans une action commune. La démission des conseils pédagogiques et de toutes ces réunions qui ne sont que des instances consultatives agit comme une tâche d’huile au niveau local et permet d’envisager graduellement d’autres actions.

Appel à multiplier les différents modes d’action.

Sud éducation s’était dès le début prononcé contre la participation à des instances qui s’inscrivent dans une logique d’autonomie des établissements visant en réalité à élargir le champ d’intervention pédagogique du chef d’établissement. En démissionnant, nous réaffirmons, d’une part, notre refus de siéger dans ce conseil qui n’a aucune légitimité et, d’autre part, permettons de remobiliser d’autres collègues.

L’objectif à court terme est de mobiliser au niveau local afin de résister à la mise en place de cette réforme. Or le temps est court et il semble important que le rectorat puisse bien prendre conscience qu’il existe une mobilisation. La démission par le biais d’une lettre de démission commune envoyée aux chef-fes d’établissements permet d’entraîner des collègues moins mobilisé-es. À présent, il faut multiplier les modalités d’actions qui accompagneront les grèves à venir. La démission des conseils pédagogiques permet d’amorcer une action collective dans les collèges et ouvre la voie à une mobilisation plus active.

Sud éducation Nord-Pas de Calais