Ne laissons l’école ni aux collectivités territoriales, ni au Medef, ni aux expulseurs !

Edito
vendredi 6 décembre 2013

Ne laissons l’école ni aux collectivités territoriales, ni au Medef, ni aux expulseurs !

La réforme des rythmes scolaires a donné aux communes la mainmise sur l’organisation du temps scolaire, créant de graves inégalités de traitement sur le territoire français. Les dysfonctionnements apparus depuis septembre doivent amener Vincent Peillon à revoir sa copie.

Mobilisons-nous pour que la journée d’action du 14 novembre prochain soit une réussite !

Après l’intrusion des communes dans la gestion du temps scolaire, voici celle de l’entreprise au sein de l’Education nationale : le 18 octobre 2013, le ministre de l’Éducation nationale a inauguré le Conseil National Éducation Économie. Ce conseil associe des représentant-es de l’administration avec ceux et celles des organisations patronales, des chefs d’entreprises et des représentant-es d’organisations syndicales de salarié-es (pas les nôtres !)
En application de la loi de « Refondation  », cette nouvelle instance est chargée «  d’animer une réflexion prospective sur l’articulation entre le système éducatif et les besoins du monde économique ».
Dirigée par (tenez-vous bien !) :
Jean-Cyril Spinetta, ancien PDG d’Air France, elle sera composée d’une jolie brochette de « pédagogues » :
Pierre Gattaz (Président du Medef) ;
Jean-François Roubaud (Président de la CGPME) ;
Jean-Pierre Crouzet (Président de l’UPA) et d’un membre de l’Association Nationale des Directeurs des ressources humaines :
Xavier Huilard, PDG de Vinci.

En imposant l’amalgame entre « esprit d’entreprise » et « apprentissage », le projet du Medef vise, sans relâche, à propager le monde de l’entreprise et ses codes au sein de l’école. En septembre 2012, renouvelant la convention avec le Medef, le Ministère de l’Éducation nationale a réaffirmé la place du lobby patronal comme « partenaire éducatif » habilité à intervenir toujours davantage dans les établissements scolaires. C’est la «  co-éducation » chère au Ministre Peillon  !
Rappelant le slogan du Conseil Supérieur de la Résistance, repris par Stéphane Hessel, «  Créer, c’est résister. Résister c’est créer », proposons le projet d’une école solidaire et émancipatrice, réellement créatif et novateur !

Et pendant ce temps...

Aujourd’hui, plus que jamais, dans une période où les lycéens se mobilisent pour défendre leurs camarades expulsés, le travail de résistance doit se renforcer pour défendre l’école pour tous : le milieu scolaire doit rester protégé de toute intrusion policière. Arrêter des enfants au milieu de leurs camarades est inadmissible.

Loin d’être un cas isolé, l’arrestation de Léonarda doit nous amener à revoir la logique comptable de cette politique.
Les chiffres sont en effet toujours privilégiés au détriment des situations humaines : le ministère de l’Intérieur estime qu’environ 18 000 sans-papiers ont été expulsés pendant les huit premiers mois de l’année, tablant sur 21 000 reconduites aux frontières en 2013. Le gouvernement insiste sur les ces « bons résultats » pour montrer qu’il est aussi ferme que son prédécesseur…
La solidarité envers les pays dévastés, comme la Syrie, n’est plus à l’ordre du jour  : la France tolère difficilement l’entrée de 500 réfugiés syriens, alors que l’Allemagne en accueille 5 000…
Après avoir déclaré que « Les Roms ont vocation à rester en Roumanie ou à y retourner », Manuel Valls a poursuivi la politique de démantèlement de leurs camps et plus de dix mille roms ont été chassés des squats et des bidonville, un nombre jamais atteint auparavant…
Malgré les déclarations de Manuel Valls, en juin 2012, le placement en rétention des familles avec enfants continue.

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Tous ces exemples montrent que la situation de Léonarda, pour exemplaire qu’elle paraisse, n’est en rien un cas isolé : chaque jour des situations catastrophiques sont créées parce que le gouvernement français respecte une loi inique ; c’est donc la loi qu’il faut changer.
Mais le gouvernement tergiverse : prévue pour l’été 2013, la nouvelle loi sur l’immigration ne sera examinée qu’en 2014, peut-être même après les élections municipales car le volet sur le droit d’asile est jugé "trop sensible".
Construisons un vaste mouvement pour imposer le retour des expulsé-es, l’arrêt des expulsions, la régularisation de tous les sans-papiers, l’abrogation des lois anti-immigré-es et la démission de Manuel Valls.