Ne nous résignons pas aux régressions

dimanche 26 mai 2013

Aujourd’hui comme hier, les mêmes politiques sont toujours à l’œuvre dans le privé comme dans le public. Politique sécuritaire de répression sociale, austérité budgétaire, augmentation de la TVA et réduction des dépenses publiques, «  réformes structurelles » cassant les droits des travailleurs/euses du privé et bientôt du public (Accord National Interprofessionnel), démantèlement des services publics (via notamment la décentralisation). Ces orientations consistent à faire payer aux salarié-es et classes populaires une crise du système capitaliste dont ils ne sont nullement responsables. La politique scolaire actuelle ne peut se comprendre que replacée dans ce cadre global.

Faute de rupture avec les politiques précédentes, la « refondation de l’école » n’en a que le nom. Programmation budgétaire insuffisante sous contrainte d’austérité, maintien de la plupart des contre-réformes de la droite, développement de la précarité, refus de titulariser les précaires, blocage des salaires, poursuite de la dégradation des conditions de vie et de travail, accentuation du démantèlement du service public via la territorialisation, le tout inscrit dans la continuité du projet d’adapter toujours davantage l’école à l’économie néolibérale.

C’est donc une lutte d’ensemble de grande ampleur qu’il faut préparer, en résistant pied à pied à toutes les contre-réformes et en portant la nécessité d’une alternative au capitalisme. Dans cette perspective les syndicats Sud éducation se sont donnés comme objectifs pour les mois à venir.

1. Développer la mobilisation interprofessionnelle avec l’Union syndicale Solidaires contre l’accord d’insécurisation de l’emploi qui institue le chantage à l’emploi pour imposer des baisses de salaires, une hausse de la durée du travail et la flexibilité des horaires.

2. Lutter contre la précarité par une campagne nationale pour la titularisation et le réemploi de tous les précaires, avec un rassemblement devant tous les rectorats le mercredi 5 juin.

3. Préparer un affrontement interprofessionnel majeur pour refuser la nouvelle attaque contre les retraites. Le 26 mars, F.Hollande a annoncé une augmentation de la durée de cotisation nécessaire pour avoir une retraite à taux plein et la désindexation des pensions sur l’inflation. C’est la baisse des pensions de retraites pour tou-te-s qui est programmée !

4. Mobiliser contre le projet de loi Fioraso sur l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) qui entérine la loi LRU et pousse encore plus loin les logiques d’assujettissement de l’ESR aux pouvoirs des entreprises et de la Région.

5. Combattre les projets de territorialisation et l’acte III de la décentralisation, à commencer par un pouvoir accru aux collectivités territoriales dans les conseils d’école et dans les conseils d’administration des établissements, la régionalisation de l’enseignement professionnel et de l’orientation scolaire. Avec la décentralisation, un cap supplémentaire serait franchi dans une logique de territorialisation et de contractualisation de l’école incompatible avec l’égalité du service public national, et destructrice pour les statuts des personnels.

6. Amplifier notre campagne nationale sur nos conditions de travail, qui continuent de se dégrader et pour lesquels les outils existants doivent être utilisés (visites médicales, registres obligatoires, comités hygiène, sécurité et conditions de travail).

7. S’opposer au développement de l’école du socle et des compétences, avec une campagne nationale de boycott du Livret Personnel de Compétences.

Le véritable changement dépend de nos mobilisations, de notre volonté et de notre capacité à faire plier le patronat, les puissances d’argent, et les gouvernements qui veulent nous faire payer leur crise. Sud éducation inscrit son combat dans la perspective générale que, des luttes, sorte une alternative sociale, économique, politique et écologique. Chaque résistance y contribue. Chaque résignation nous en éloigne.