Nous ne mettrons pas de Note de Vie Scolaire

vendredi 5 janvier 2007
mis à jour mardi 6 mars 2007

Nous refusons la note de vie scolaire et les réunions de mise en place qui vont avec, les discussions sur les combientièmes de point par lesquels on va comptabiliser les petites incivilités, les moyennes et les grosses, les discussions préparatoires destinées chaque trimestre à informer le professeur principal qui doit en référer au chef d’établissement, lequel fixe LA note avant le conseil de classe.

Nous ne comprenons pas pourquoi, par exemple, un élève très agité aura 15 (ou plus) en NVS même s’il a été exclu 3 jours car ça ne compte plus alors que d’autres, n’étant pas délégués de classe (car tout simplement non élus) ne verront pas leurs points augmenter, ou que des petites incivilités n’auront pas été « purgées » par des petites sanctions.

Pourquoi inclure là-dedans des formations (telles que premiers secours) que, faute de budget suffisant, tous les établissements ne peuvent dispenser, à moins d’être financés par des municipalités suffisamment riches ?

Pourquoi comptabiliser les bons comportements qui doivent rester naturels et non motivés par une note de conduite ? C’est comme si l’on demandait à la police de distribuer des bonifications à chaque fois que nous nous arrêtons bien sur la ligne blanche du stop aux carrefours ! C’est la porte ouverte à une dérive consumériste : est-ce que vous rémunérez votre gamin parce qu’il met son bol dans l’évier, qu’il fait son lit, ou qu’il n’a pas traversé le salon avec ses chaussures boueuses ?

Cette mesure n’apporte aucun plus éducatif, elle n’apporte que de la sanction mais de manière fausse, puisque la note ne devrait pas être pénalisante (comment fait-on alors ?!) et que seules l’assiduité et la ponctualité devront garantir la moyenne. Quid de l’enfant qui a déjà de grosses difficultés à se lever le matin, parce que les parents, eux-mêmes chômeurs, ne se lèvent pas, ou ont perdu toute autorité ou ne l’aident pas, et qui est déjà en grosse difficulté scolaire ? Celui-là devra être persuasif (comment ?) pour se faire élire délégué de classe ! Ou alors il ne fera pas d’effort pour une note irrattrapable de plus !

Par ailleurs, nous notons déjà souvent dans toutes les matières, y compris l’EPS, le comportement en classe (le savoir être), donc inutile d’y revenir d’une manière globale. La vie scolaire (les surveillants) se retrouveront alors les seuls à noter le comportement en dehors des salles de cours, donc cela ne nous concerne pas.

La note de vie scolaire n’est pas une éducation à la responsabilité, mais une incitation au consumérisme. C’est un peu comme les cartes de fidélité (qu’il faut refuser !) avec lesquelles le marketing nous harcèle dans tous les magasins : vous savez, celles qui permettent au consommateur docile - celui qui a acheté ce qui rapportait le plus au magasin - de se voir gratifié de cadeaux - gadgets inutiles - et de bonus... dont le coût est répercuté sur tous les prix de vente. C’est un dressage à de nouvelles habitudes de consommation, mais pas une éducation au libre choix et à la responsabilité.

La vraie solution passe par un encadrement par des adultes compétents et formés, de la présence éducative et non répressive. Avant de faire des rappels à la loi et de mettre un policier référent, il faut éduquer au quotidien et aider les familles à le faire, se servir des médias autrement que pour faire du bourrage de crâne publicitaire et de l’évitement. Là, c’est un autre projet de société.

Sud éducation Var

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