Où va l’enseignement pro ?

lundi 7 janvier 2008
mis à jour vendredi 7 mars 2008

Faut-il un ou deux diplômes professionnalisants de niveau V, le BEP et le CAP ? La question pourrait être débattue sereinement si les dés n’étaient pas pipés. Aujourd’hui, le gouvernement, inspiré par le Medef, a tout autre chose en tête. Par touches successives, il met en place une formation professionnelle à deux vitesses.

Le lancement expérimental en 2001, (inspiré par la branche métallurgie du Medef), de Bac Pro en 3 ans, puis la ré-institution en 2003 des préparations par l’EN de CAP, diplômes de même niveau théorique que les BEP, mais limités à la préparation d’un métier précis, ont ouvert la voie.

Si la réforme relancée par Darcos va à son terme (Bac pro en 3 ans, fin des BEP), il y aura deux filières professionnelles :

- L’une « d’excellence », comme disent les ministres, destinée aux élèves capables d’aller en trois ans de la fin de la 3ème au Baccalauréat Professionnel et éventuellement en BTS ensuite.

- L’autre, fourre-tout, limitée à deux ans d’études simplifiées, débouchant sur un CAP qui ne permet quasiment pas la poursuite d’étude. Elle créera un second degré encore plus sélectif qu’aujourd’hui et sans passerelles réelles. Aux uns les CAP d’insertion et les sections d’apprentissage calibrés sur les besoins du patronat local en main-d’oeuvre de « bas niveau », aux autres les sections professionnelles amputées d’un an dans lesquelles la sélection scolaire jouera à plein.

Cette réforme « technique » cache la volonté de mettre l’enseignement professionnel toujours davantage sous le contrôle du secteur privé et de ses attentes. Il suffirait que les entreprises, en versant la taxe d’apprentissage, deviennent les décideurs. Pour cela, pourrait être organisée leur entrée en nombre dans les CA, (la loi Pécresse montre la voie). Ensuite, au nom de la décentralisation (la formation professionnelle relève des régions), pour finir le travail de casse statutaire, on basculerait les personnels vers la fonction publique territoriale… Il y a dix ans nous n’aurions jamais pensé qu’ils puissent le faire pour les TOS. C’est pourtant arrivé en 2003.

Tout est mis en place pour masquer les enjeux structurels de cette réforme de l’enseignement professionnel et tenter d’empêcher l’unité des personnels : traitement différencié des académies, traitement différencié des filières tertiaires et industrielles, concurrence entre établissements… La mobilisation se développe. Manifestations unitaires à Brest, Nantes, Bordeux, Caen, Paris, Marseille, Créteil… puis des grèves unitaires dans les académies de Lille, Toulouse, Poitiers, Clermont-Ferrand, Strasbourg, Lille… Il faut renforcer la lutte.

Sarkozy a décidé de ne remplacer le départ que d’un fonctionnaire sur deux. Dans l’enseignement professionnel cette entreprise de casse sociale prend le visage de la réforme Darcos.

Retrait de la note Darcos !

Contre le retrait de 11200 postes !

Sud éducation Puy-de-Dôme


Navigation