Premier samedi de papiers

Communiqué du RESF - 4 mai 2014
lundi 5 mai 2014
mis à jour mardi 20 mai 2014

Samedi 3 mai, place de la Sorbonne —une date et un lieu annonciateurs ?— s’est tenu à l’appel des syndicats lycéens UNL et FIDL et du RESF le premier des Samedis de papiers, rassemblements de lycéens sans papiers pour exiger leur régularisation. Rien, strictement rien, ne distinguerait ces élèves de leurs camarades si des lois injustes prises par la droite pour séduire l’extrême-droite et appliquée par la gauche pour ne pas déplaire à la droite, ne les condamnaient à vivre quotidiennement dans la peur de l’expulsion et l’angoisse d’un avenir bouché.

​Encore heureux que le sort de ces garçons et de ces filles ne laisse pas leurs camarades indifférents !

Accompagnés de copains, d’enseignants, certains sont venus de loin : trois élèves de 1ère ES du lycée Vincent d’Indy à Privas (Ardèche) accompagnaient leur copain de classe, Gor, jeune arménien, qui vient de recevoir un avis d’expulsion ainsi que ses parents, déboutés de l’asile. Ils ont exprimé leur révolte et se sont fait l’écho de la mobilisation qu’ils ont lancée à Privas, pour ne pas laisser faire. Mahamadou, ancien mineur isolé et lycéen sans papier a témoigné pour tous ses camarades lycéens sans papiers.

Les Samedis de papiers en sont à leurs débuts. La présence ce 3 mai et les prises de parole des présidents de la FIDL et de l’UNL, Juliette Chilowicz et Corentin Durand sont le gage de l’engagement des jeunes. Ils n’ont pas l’intention de lâcher. Pas plus que les syndicats enseignants, FSU, CGT-Educ’Action et Sud-Education, et la FCPE, représentés dès ce 3 mai, et dont les responsables participeront à l’un ou l’autre des prochains samedis. Ont également exprimé leur soutien et leur engagement Pierre Tartakowsky, le président de la LDH, Mireille Mendes France, experte ONU.

Parmi les présents : Dominique Guibert, secrétaire général de la LDH, des élus de Paris, Tatiana Poudiot, adjointe au maire du 19e, Dante Bassino, adjoint au maire du 10e, Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers et Jean-François Péllissier, conseiller régional.

Enfin, une déambulation des participants autour des bassins de la place de la Sorbonne a conclu l’événement. Certaines pancartes brandies par les participants rappelaient que quelques unes des personnalités aujourd’hui unanimement honorées –Marie Curie, Serge Gainsbourg, Guillaume Apollinaire, par exemple – étaient nées étrangères, ont parfois été sans papiers, mais ont apporté leur talent au pays qu’ils ont choisi. D’autres panonceaux présentaient la situation de jeunes, aujourd’hui sans papiers, mais dont personne ne doute que, dans quelques décennies, ils entreront, eux aussi, dans l’Histoire !

Les samedis sans papiers à venir verront, entre autres, la présence de Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU, d’Alfred Spira, professeur de santé publique et de la cinéaste Mona Achache devant la Sorbonne le 10 mai, d’Hervé Bazire, secrétaire général de la FERC-CGT, de Mireille Fanon Mendès-France et d’Etienne Balibar le 17 mai.

Rendez-vous le 10 mai puis le 17 et le 24 et ainsi de suite. Jusqu’à ce que le gouvernement prenne enfin les dispositions législatives qui mettent un terme à des situations que les élus socialistes et Manuel Valls lui même trouvaient inacceptables... quand ils étaient dans l’opposition !

Les lycéens sans papiers, ex-mineurs isolés ou vivant dans leur famille, se rassembleront aussi le 10 mai

Place de la Sorbonne comme tous les samedis de 16h30 à 18h,

pour exiger leur régularisation. Ils sont soutenus par leurs camarades, leurs enseignants, la FCPE, des syndicalistes enseignants (CGT-Educ, FSU, Sud-Educ) et lycéens (FIDL, UNL).

En présence de personnalités artistiques, littéraires, scientifiques, associatives, syndicales et politiques.

L’initiative se conclura par les Assises régionales du lycéen-ne sans papiers le vendredi 27 juin au Conseil régional d’Ile de France.

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