Par la grève et la solidarité massive, la lutte paie !

Sud éducation Hauts-de-Seine
samedi 28 novembre 2015

La DsdEn du 92 aura tenté d’aller jusqu’au bout ! Mais elle recule, à quelques jours du conseil de discipline de Gari PHAM et Oscar ROMAN, professeurs au Collège Gay-Lussac de Colombes.

Rappel des faits

Hiver 2014, le collège Gay-Lussac fait partie des établissements les plus mobilisés sur la redéfinition de la carte de l’éducation prioritaire, qui l’exclut. Une délégation de la DsdEn, emmenée par le Proviseur vie scolaire (Pvs), se rend au collège pour faire pression sur les grévistes. Confronté à des attitudes très provocatrices, Oscar refuse de saluer le Pvs. Quelques mois plus tard, Oscar et Gari sont convoqués à un conseil de discipline prévu fin juin.

Une intersyndicale Cgt-SnFolc-Snes-Sud se réunit rapidement pour les aider à organiser leur défense (pétition, médiatisation, défense juridique). Ils obtiennent d’abord un report, mais cela ne correspond pas à la revendication d’annulation de procédure du collectif de soutien et des syndicats Sud, Cgt et SnFolc du 92, qui considèrent que ces procédures portent atteinte au droit de grève, donc au mouvement social et syndical.

Le 18/09, début d’une grève reconductible, majoritairement suivie, qui réclame l’abandon des procédures disciplinaires contre les collègues. Parallèlement, Oscar et Gari entament le 21/09 une grève de la faim jusqu’à l’abandon des poursuites. Dans une volonté claire de casse du mouvement de solidarité envers Oscar et Gari, le Dasen, au lieu d’opter pour l’apaisement, choisit d’interdire au collectif de soutien l’utilisation d’une salle du collège pour tenir une réunion le 29/09. Le rassemblement se tient donc dans la rue, où une centaine de personnes (ancien-nes élèves, parents, collègues) affiche son soutien aux deux professeurs.

Les communiqués de différentes organisations se multiplient, le collège ferme provisoirement car de nombreux-ses élèves décident, en solidarité, de ne pas remonter en cours à l’issue de la récréation. Face aux pressions de la hiérarchie pour faire arrêter ce mouvement, une très large majorité de collègues décide de reprendre la grève (alors suspendue) le 1er/10.

Le 4/10, une manifestation réunit plus de 300 personnes à Colombes : enseignant-es, parents d’élèves, ancien-nes élèves, représentant-es syndicaux de Sud, Snes-Fsu, Cgt et Snalc et des conseillers municipaux. Les prises de parole réitèrent le soutien intersyndical et dénoncent le mépris et les provocations, voire les menaces, lors de la venue du Dasen adjoint, Thierry Aumage, au collège. D’anciens élèves ont tenu à rappeler tout ce que ces deux enseignants leur ont apporté, à rebours du message de la hiérarchie tendant à les faire passer pour de mauvais profs, ne se souciant que de leur propre intérêt. C’est bien pour permettre la pérennité d’un service public de qualité, donnant davantage de moyens aux élèves qui en ont le plus besoin, qu’Oscar et Gari ont fait grève, comme beaucoup d’autres, en 2014.

Le dénouement (provisoire) a lieu le 7/10 : une table ronde est organisée au rectorat de Versailles par un médiateur du ministère. Conseils de discipline annulés, Oscar et Gari seront convoqués par l’administration et risquent une sanction du groupe 1 (blâme dans le pire des cas). Bien que cette proposition ne corresponde pas aux revendications portées par le collectif de soutien, Oscar et Gari stoppent leur grève de la faim.

Une répression qui devient une habitude

Yann Le Merrer, Gaëtan, J-F Chazerans et la mutation « dans l’intérêt du service » de cinq collègues enseignant-es du collège Bellefontaine, prononcée juin 2015, par le rectorat de Toulouse. Le même jour, une 6ème enseignante est traduite devant le conseil de discipline. Ces six collègues, engagé-es, comme la grande majorité du personnel du collège, dans un mouvement de grève reconductible de trois semaines, en décembre dernier, demandaient de faire appliquer les décrets de loi sur l’éducation prioritaire et de partager entre tou-tes, titulaires et précaires, les primes allouées aux établissements REP+. La détermination des 6 sanctionné-es et de leurs collègues, l’ampleur de la solidarité autour de cette lutte, ont contraint le rectorat à abandonner les poursuites disciplinaires et à renouveler tous les contrats précaires de l’établissement.

Sud éducation 92 réitère tout son soutien à Oscar et Gari, qui risquent toujours un avertissement ou un blâme ; considère que leur lutte est légitime et qu’aucune personne ne doit être inquiétée pour fait de grève ; demande qu’on mette fin à la politique de répression menée contre ceux et celles qui participent aux mouvements sociaux.