Pendant la refondation la démolition continue

mardi 25 décembre 2012

Les élèves et les personnels ont effectué cette année la pire des rentrées scolaires avec 13000 postes en moins. Le seul réemploi de l’ensemble des précaires aurait permis d’améliorer les choses et aurait pu être un signe quant à la crédibilité du discours sur la refondation. Il n’en a rien été et dans de nombreux départements les militants de Sud éducation ont accompagné des mobilisations de rentrée pour de meilleures conditions de travail et d’étude.

La décentralisation avance

L’état et l’Association des Régions de France signaient le 12 septembre une déclaration commune transférant aux Régions, avec d’autres prérogatives, la carte des formations de l’enseignement professionnel et engageant la décentralisation du service public d’orientation, une des rares contre-réformes bloquées par la grande lutte de 2003. Ce n’est pas une bonne manière d’envisager la concertation  ! Pour le signifier au ministre, Sud éducation a quitté la réunion consacrée à la formation et à l’orientation professionnelle.


Non, M. Gallois, l’école ne doit pas fabriquer de la chair à patrons !

Le rapport Gallois confirme

En deux propositions, le rapport Gallois confirme la volonté de livrer des pans entiers du service public d’éducation (enseignement professionnel, orientation…) aux volontés des patronats locaux.

Il souhaite « systématiser la présence des entreprises dans la gouvernance de l’enseignement technologique et professionnel au niveau des établissements (Conseils d’administration), des Régions (établissement des cartes de formation) et au niveau national ». On peut imaginer les mutations forcées des enseignants dont les spécialités ne « cadreraient » plus avec les cartes de formation souhaitées par les entreprises.

En proposant de « doubler le nombre de formations en alternance sur la durée du quinquennat », le rapport Gallois perpétue le mythe du « bon » apprentissage. Il occulte le taux important d’abandons en cours d’apprentissage (30 % dans la période d’essai). Il emprisonne les jeunes dans un déterminisme social, géographique et professionnel. Ces propositions sont lourdes de menaces pour les élèves et, notamment, pour celles et ceux des classes populaires, qui seraient destiné·e·s au rôle de variables d’ajustement du « monde de l’entreprise ».