Périscolaire :

de la régression à la lutte sociale !
vendredi 11 novembre 2016

Depuis la réforme des rythmes scolaires, les emplois précaires d’animateur-trices ont explosé et de nombreuses personnes exerçant le métier d’animateur tentent de (sur)vivre avec ce travail.

Les collectivités territoriales demandent de la qualité, de préparer les activités bénévolement alors que les salaires reçus ne permettent même pas de vivre décemment. Certaines mairies profitent même du turn-over de personnel pour baisser les salaires ou supprimer des postes, comme c’est le cas à Grenoble (mairie EELV, PG), dont la communication officielle dit pourtant vouloir donner la « priorité à l’éducation ».
La plupart des animateur-trices sont formé-es, ont des diplômes mais ne sont reconnu-es ni par la paye, ni par une reconnaissance sociale de la part des parents, des élu-es et des professionnel-les.
Depuis le mois de septembre, un mouvement national ponctué par trois grèves cherche à faire bouger les lignes, et obtenir entres autres :
• le retrait immédiat du décret du 1er août 2016 ;
• l’arrêt des diminutions d’heures et de salaires pour les travailleur-ses du périscolaire ;
• une revalorisation salariale ;
• la fin des arrêtés municipaux et services civiques pour l’embauche, la titularisation de tou-tes ;
• un vrai plan de formation et de professionnalisation pour une reconnaissance du métier d’animateur-trice ;
• l’augmentation des budgets accordés à l’éducation et aux associations.

Comment tenter d’ancrer la grève ? Comment la généraliser ?

Tout d’abord, nous avons organisé une intersyndicale Sud éducation, Sud collectivités territoriales et le syndicat précaires Solidaires afin de coordonner nos forces. Ensuite nous avons appelé une intersyndicale plus large. Sur le terrain, des tracts ont été massivement diffusés, avec un affichage devant les écoles appelant à une Assemblée générale. Le principe directeur est simple : libérer la parole, prise de conscience collective et auto-organisation. Nous n’en sommes qu’au début mais des dizaines d’animateur-trices se sont réuni-es. Il s’agit désormais de prendre conscience que les réformes territoriales et de l’éducation vont dans le même sens : une privatisation insidieuse de l’éducation et du périscolaire, qui va de pair avec une précarisation du personnel.
Les écueils à éviter sont grands :
• la mise en concurrence des services et des territoires, et in fine des salarié-es ;
• les prises de décisions hâtives, élaborées par des « experts » de la lutte ;
• les éventuelles récupérations politiques avec des réseaux locaux et féodaux qui ne rêvent que de prendre la place de l’ancien seigneur municipal...
Nous devons bien faire émerger des revendications qui partent du concret et nous donner des objectifs crédibles au regard de la difficulté à se mobiliser lorsqu’on est précaire (exemple : peur de ne pas être réembauché-e, pressions hiérarchiques...).

L’enjeu principal : donner une force concrète aux expressions « organisation collective à la base » et « rapport de force ».

C’est la première fois que les animateur-trices, dont le métier existe officiellement depuis 50 ans, entrent en lutte pour la reconnaissance de leur métier et l’amélioration de leurs conditions de travail. Pour exemple, ils-elles étaient 85 % à faire grève à Carcassonne. Nous devons leur apporter notre soutien par des diffusions de tracts aux parents et à nos collègues, en participant à des caisses de grèves...
À Grenoble particulièrement, le mouvement porté par des animateur-trices vacataires et titulaires s’inscrit dans la lutte plus globale contre la politique d’austérité de la municipalité (suppressions de postes, fermeture de bibliothèques, coupes dans les budgets liés à la santé, baisse des subventions aux associations, etc...) et la dernière grève a été très suivie, laissant entrevoir des suites enthousiasmantes. Et chez vous ?

Union syndicale précaires Solidaires Isère et Sud éducation Isère