Pierre Dorques

Sud éducation Hérault
jeudi 6 novembre 2014

Pierre Dorques, Proviseur-adjoint de la section d’enseignement professionnel du lycée Jean Moulin de Béziers, s’est suicidé chez lui durant le week-end de Pentecôte.

Le lycée Jean-Moulin avait déjà été le lieu d’un drame, celui de l’immolation d’une collègue de mathématiques en 2011 au sein même de l’établissement.
Pierre Dorques faisait fonction de proviseur-adjoint depuis plusieurs années après avoir été professeur dans le lycée. En poste au collège Jean Perrin l’année d’avant, il avait dû céder sa place à un titulaire. Il avait accepté cette année un poste difficile ; en effet, suite à la fusion du Lycée professionnel et du Lycée général et technologique en Lycée polyvalent (plus de 3500 élèves en tout), un poste de proviseur-adjoint avait été supprimé de telle sorte qu’il occupait un poste qui était assuré l’an- née d’avant par 2 personnes. En outre, il ne restait qu’un seul proviseur pour toute la structure. Ses compétences et ses qualités humaines étaient reconnues de toutes et tous, professeur-es comme administration.
Son suicide survient une dizaine de jours après l’annonce du refus de le reconduire dans le poste l’année pro- chaine. Le rectorat ne lui proposait d’autre solution que l’exil dans une académie du Nord de la France.
Comment ne pas s’interroger sur les responsabilités administratives et la souffrance au travail dans l’établisse- ment et plus largement dans l’Éducation nationale ?
• Les personnels de direction comme tous les autres personnels sont traités de manière uniquement comptable et inhumaine.
• Les précaires même en poste de direction sont particulièrement mal- mené-es alors même qu’elles ou ils font un travail identique aux titulaires. Rappelons que nous revendiquons leur titularisation sans condition.
• L’inhumanité est renforcée par l’existence d’établissements-usine où les personnels et les élèves sont si nombreux que l’anonymat et le manque de solidarité se développent.
• La fusion d’établissements, ici pour créer un LPO, renforce encore cette
logique en supprimant par la même occasion des postes, notamment administratifs.
• La souffrance au travail de l’ensemble des personnels s’exprime mais elle est banalisée, elle provient aussi de la dé- gradation des conditions d’enseigne- ment notamment en Lycée professionnel où la fusion en Lycée polyvalent a supprimé le classement en Éducation prioritaire.
Par conséquent nous demandons une enquête sur le suicide de ce collègue, selon un protocole clairement établi. Nous demandons la mise en place de mesures concrètes sur l’établisse- ment : création de postes notamment d’administration et de surveillance, division du LPO pour retrouver des structures humaines, requalification en REP de la section professionnelle et baisse des effectifs par classe.