Point de vue sur le massacre des lycées pro

Une volonté politique de destruction des acquis en matière d’organisation sociale et éducative
jeudi 31 mai 2012

Des lois, des règlements, patiemment élaborés depuis des décennies dans l’intérêt commun, se volatilisent et notre résignation semble sans limites !

Les liquidateurs de notre société en ce qu’elle avait de solidaire, d’humaniste ont décidé de tout remettre en cause : sécurité sociale, formation des classes populaires et demain, les congés payés ?… Dans quel but, sinon des lois édictées par les dominants dans l’intérêt des plus puissants ? Contrairement à ce qu’une certaine propagande tente de faire croire, la « Lutte des Classes » n’a rien perdu de son actualité. Il est vital de la gagner. D’autres considèrent que d’y faire référence serait un « archaïsme » préjudiciable au progrès des revenus des possédants. Cette lutte oppose deux classes : celle des possédants et celle de ceux qui, tout simplement, veulent vivre. Les premiers ne baissant jamais la garde.

Qui peut nier que :
- le fondement de l’enseignement repose sur la relation élèves-enseignants ;
- les structures (hiérarchie, administrations de tous niveaux…) sont là pour permettre à cette relation de se réaliser dans les meilleures conditions possibles ;
- les emplois du temps doivent permettre à chacun-e d’entre nous d’effectuer correctement son travail, sans se partager sur plusieurs établissements ;
- la hiérarchie doit être là pour nous aider à accomplir notre mission et non « casser du professeur » selon des instructions ministérielles contre primes très rémunératrices  ;
- les enseignants représentants en CA sont des administrateurs élus non soumis aux décisions des principaux et proviseurs ;
- les décisions en matière d’éducation doivent êtres prise en concertation avec nos représentants syndicaux dont les propositions doivent être prises en compte. Dans les grandes entreprises, lors de modifications importantes de l’organisation du travail, de transformations profonde, la consultation des représentants est systématique. Or, les changements, décrits ci-dessus, actés et à venir, n’ont jamais été discutés avec nos représentants, leurs avis n’ont jamais été entendus si ce n’est dans la rue ;
- les « réorganisations » à l’ordre du jour ne sont pas dans l’intérêt du bien commun : celui des élèves, des familles populaires ;
- les investissements régionaux l’ont été en pure perte ?

Notre responsabilité est engagée face à des jeunes qui nous le reprocheront un jour si nous n’agissons pas. Pour lutter contre cette désorganisation, source de stress, mal-être, souffrances, construisons les luttes en utilisant les moyens d’action à notre disposition pour agir sur l’organisation du travail : registres de Santé et Sécurité au travail, demandes de visites médicales, lettres aux conseils d’administration et d’école, aux CHS-CT départementaux, académiques et ministériel.

Sud éducation Calvados