Pour la défense des langues vivantes

Rassemblement national le 31 janvier à Paris Bourse du travail
 janvier 2001
mis à jour lundi 4 avril 2005

Le dossier des langues vivantes est un dossier chaud car il est symptomatique de la politique suivie par le ministère. En effet, l’École devient de plus en plus un lieu d’apprentissage instrumental restreint au détriment de la formation générale et culturelle.

Les organisations syndicales SNES, SN-FO-LC, SUD, et association de professeurs spécialistes, Société des langues néo-latines, soussignées, réunies le 10 janvier, ont pris connaissance d’un certain nombre d’informations sur les dispositions ministérielles :

- restructuration profonde du cursus de LV sans concertation préalable des enseignants (1er et 2nd degré) sur les objectifs et les conditions d’enseignement ;

- distinction entre "enseignement d’apprentissage" et "enseignement d’entretien" risquant de mettre en cause les dotations horaires ;

- alignement sur les six niveaux des compétences du portfolio émanant du Conseil de l’Europe dont les rapports avec l’évaluation nationale actuelle ne sont pas précisés et risquent donc de mettre en cause les diplômes et les programmes nationaux.

Les organisations signataires tiennent à exprimer leur inquiétude face au nouveau plan ministériel dont on ne connaît que certains aspects et au refus de prendre en compte les revendications des enseignants de LV et de leurs organisations.

Elles réaffirment la position qu’elles ont exprimée dans leur déclaration commune d’octobre 2000.

Elles proposent d’amplifier l’action, dans un premier temps :

- rassemblement le 31 janvier à Paris à la bourse du travail (métro République) et dans les académies ;

- demande d’audience au ministère et aux recteurs.

Signez, faites signer massivement la déclaration commune


Communiqué commun des organisations syndicales et associations de professeurs spécialistes

L’ADEAF, l’APLV, l’AFDE, la SLNL, les Échanges culturels Franco-russes "le Flambeau de Pouchkine", Sud éducation, le SN-F0-LC/SNUDI-FO, le SNES/FSU, se sont réunis le 27 septembre 2000 au siège du SNES pour faire le point sur leurs analyses respectives concernant la situation de l’enseignement des langues vivantes à l’école primaire, au collège et au lycée.

Le constat est alarmant :

- Jamais il n’y a eu décalage plus grand entre le discours officiel et la réalité dans les établissements. Jamais la dégradation n’a été aussi grande.

- L’absence jusqu’ici de politique claire des LV dans le 1er degré n’a pas favorisé, au collège, une diversification des LV, déjà réduite depuis plusieurs années.

- Au collège, la gestion locale des horaires (les "fourchettes") se traduit pour les langues dans la majorité des cas par une amputation horaire qui rogne les quelques moyens qui permettaient encore de mieux prendre en charge la diversité des rythmes des élèves.

- Au niveau du lycée, la quotité horaire attribuée aux langues vivantes est en deçà du seuil minimum d’efficacité.

- Le décalage entre LV1 et LV2 est accru : la LV2 n’est démarrée qu’en 4e, la LV1 est commencée en primaire. Par ailleurs l’amputation des horaires de LV2 en lycée est sensiblement plus forte qu’en LV1 : l’horaire - élève se trouve réduit à deux heures hebdomadaires.

- A tous les niveaux les effectifs restent très supérieurs au seuil de 15 élèves.

- Enfin, l’ensemble des mesures prises depuis trois ans par le Ministère continue de peser fortement et de façon négative sur le choix des langues par les familles, condamnant de fait l’enseignement d’un certain nombre de langues vivantes, en réduisant d’autres à une présence toute symbolique, posant de graves problèmes d’emploi pour les personnels concernés, alors que, dans le même temps, les classes d’anglais et d’espagnol continuent de s’alourdir. Il devient d’ailleurs difficile de trouver les personnels pour assurer les remplacements dans ces deux dernières langues tout particulièrement.

Le discours du Ministère a évolué. Nous prenons acte du passage de la LV2 au statut de discipline obligatoire en S. Mais dans les faits, c’est à peu près tout. Les régressions engagées par le ministre précédent n’ont pas été remises en cause. Pour le reste, ce sont des engagements à plus long terme, qui n’auraient de valeur qu’en fonction d’une programmation budgétaire conséquente : le budget 2001 n’en prend pas le chemin.

Les associations de spécialistes et les organisations syndicales signataires rappellent :

leur attachement au pluralisme linguistique ; la jeunesse de notre pays n’a rien à gagner à une uniformisation de l’offre de langues : le tout anglais LV1- espagnol LV2 ne prépare pas les jeunes à un monde dans lequel les contacts industriels, commerciaux et culturels nécessiteront de plus en plus la prise en compte, à côté de compétences communicationnelles, d’une véritable capacité à appréhender les aspects interculturels. La marginalisation d’un certain nombre de langues dans l’enseignement entraînerait chez nos concitoyens une grave insuffisance d’ouverture d’esprit vis à vis de nombreux pays étrangers. La poursuite de la politique actuelle aurait d’une part des effets dramatiques sur les relations culturelles avec l’étranger, et d’autre part ne permettrait plus au pays de faire face à un certain nombre de défis géopolitiques et/ou géo-économiques. Cela ne serait pas sans conséquences sur la place de notre pays et de notre langue dans le monde.

leur demande d’une véritable information des familles sur l’enjeu que représentent les langues vivantes pour l’avenir des élèves. Dans l’intérêt du pays comme des jeunes, l’institution doit prendre en charge cette information et introduire dans les établissements une éducation au choix des LV.

leur demande de conditions d’enseignement permettant un minimum d’efficacité : à moins de trois heures hebdomadaires par élève et avec des effectifs pléthoriques, les conditions minimales sont loin d’être remplies.

leur attente d’un changement profond dans la gestion politique de cette question par les pouvoirs publics : cette gestion est surtout caractérisée depuis trente ans par des effets d’annonce rarement suivis d’effet, par l’improvisation, par des généralisations de dispositifs qui n’ont pas fait leurs preuves au niveau expérimental (par exemple la généralisation de l’enseignement des langues dans le primaire, l’augmentation du nombre des sections européennes sans prise en compte de la cohérence entre collège et lycée et sans cohérence géographique...), souvent dans de mauvaises conditions matérielles, avec une dégradation des taux d’encadrement, et un laisser-faire en matière de gestion qui n’a fait qu’amplifier le recul de la diversification.

leur attente de mesures d’urgence pour rétablir un horaire minimal de trois heures hebdomadaires pour les élèves, pour mettre en oeuvre une véritable politique de diversification, pour assurer le maintien de la LV3 partout où les séries concernées sont présentes.

Nos organisations attendent, au-delà de ces mesures d’urgence indispensables à la préservation de l’avenir, qu’une véritable mise à plat de ce dossier soit menée, portant sur :

- l’état des lieux

- les représentations véhiculées sur la discipline "langues vivantes" dans et en dehors de l’institution, ainsi que les mesures susceptibles de modifier celles-ci.

Nos organisations exigent des pouvoirs publics :

- la création des postes permettant d’assurer un réel enseignement des langues vivantes dans leur diversité et la garantie du respect de la liberté de choix des familles ;

- le retour immédiat à 3 heures de cours-élève minimum au lycée et 4 heures en collège assurées par un professeur ;

- des dédoublements à 15.