Pour le changement…

Passons à l’offensive !
samedi 8 septembre 2012

Sud éducation ne regrette pas l’éviction de Sarkozy. Mais on ne sortira pas du chantage à la dette publique, ni de l’austérité, sans rupture avec les politiques libérales. Les transformations démocratiques profondes dont l’école et la société ont besoin, dépendent, avant tout, de nos mobilisations.

Sarkozy, c’est fini

Sarkozy, son gouvernement et ses amis de l’UMP ont mené une politique de régression sociale et démocratique constante. Le racisme et la xénophobie de ce pouvoir ont renforcé les tendances réactionnaires de la société. Cela nous engage tou·te·s à lutter contre les idéologies nauséabondes, ainsi qu’à nous mobiliser pour des alternatives à cette société d’inégalités et de précarité.

Sortir de la résignation

Face à un pouvoir résolu à ne rien concéder, les mobilisations ont été défaites, à chaque fois, en raison du refus d’un véritable affrontement. La résignation a souvent fini par l’emporter. Nous savons pourtant qu’une grève durable, interprofessionnelle et reconductible, pourrait défaire n’importe quel gouvernement, parce qu’elle touche aux profits des actionnaires et du patronat. Imposer de vrais changements suppose de retrouver le chemin des luttes pour reconstruire des rapports de force. Rien ne nous sera donné.

Ni attentisme ni illusion

L’affirmation de Hollande «  d’abord le redressement et puis ensuite la redistribution », dessine un programme : celui de l’austérité d’abord, sans doute l’austérité tout court, comme en témoigne la dérisoire augmentation du SMIC de 2%. On ne sortira pas de la spirale du chantage à la dette publique ni de l’austérité, sans une franche rupture avec les politiques libérales, dans lesquelles s’inscrit la ratification sans débat public du nouveau traité européen d’austérité (dit Merkel-Sarkozy).

« Dialogue social » pour « consensus » libéral

Le pouvoir engage un processus de « consultation ». Il veut construire des « consensus » par un « dialogue social » entre le gouvernement et des « partenaires sociaux » (syndicats et patronat) dont les oppositions sont ainsi reléguées au rang de simples divergences d’opinion.

Hollande et Eyrault ne s’inscrivent pas dans un affrontement avec les puissances de l’argent. Sur les retraites, l’essentiel des contre-réformes reste intact : durée de cotisation, 62 ans pour avoir le droit de partir, 67 ans pour ceux et celles qui devront poursuivre leur activité salariée pour ne pas vivre leur retraite dans la pauvreté, les décotes qui réduisent les pensions de la majorité d’entre nous…

Pour l’école, on est loin du plan d’urgence nécessaire

Un débat sur l’école ne peut masquer les insuffisances des mesures d’urgence. Cette rentrée sera la pire  : encore 13 000 postes en moins ! Tous les niveaux d’enseignement et tous les services sont encore touchés. Il était pourtant possible de créer immédiatement des milliers de postes, en titularisant les précaires. Quand le Conseil d’État dénonce la mastérisation, le gouvernement choisit une modification a minima, laissant quasiment à plein temps les stagiaires devant les classes. On annonce 60 000 postes en 5 ans (sauf si « la crise »…). Mais lesquels ? Et à nombre de fonctionnaires constant : on ne revient pas sur le plan social massif subi par fonction publique. Cela tourne le dos à une vraie restauration des services publics, en laissant croire qu’on privilégie l’école.

La croisée des chemins

Laisserons-nous se dérouler tranquillement cette politique appuyée sur le « dialogue social » ou imposerons-nous par nos mobilisations des mesures pour répondre aux besoins urgents ? La résolution de la crise de la dette se fera nécessairement sur la base d’un rapport de force. Soit nous courbons l’échine devant les politiques d’austérité, les diktats du patronat et des financiers, soit nous passons à l’offensive pour défendre les acquis sociaux, imposer une autre répartition des richesses et conquérir de nouveaux droits.

Il n’y a pas de statu quo possible. Ou bien nous changeons radicalement le rapport de force, ou bien nous subirons les purges qui s’appliquent, aujourd’hui, au monde du travail dans d’autres pays d’Europe.

Repartir à l’offensive

Cela suppose de définir des revendications immédiates, à la hauteur de la situation, et de construire les luttes pour les imposer. De ces luttes devra émerger la conscience de la nécessité d’une alternative globale à un système dont les contradictions et les injustices sont, aujourd’hui, en pleine lumière.

Des revendications à imposer par les luttes de tout·e·s

- Annulation de la dette publique ;
- augmentation générale des salaires (300 euros pour tout·e·s) ;
- une politique fiscale réellement progressive, étendue aux revenus du capital et au patrimoine ;
- la retraite à 60 ans à taux plein, avec 37,5 annuités maximum, c’est possible. La suppression immédiate des décotes est une exigence incontournable ;
- défense du service public : resocialisation des services privatisés, création de nouveaux services publics, fin de la LOLF et de la RGPP ;
- réduction du temps de travail ;
- régularisation de tout·e·s les sans-papiers ;
- garantie du droit à l’emploi pour tout·e·s, contre le temps partiel imposé à des millions de travailleurs. Arrêt du recrutement de précaires dans la fonction publique, titularisation sans condition de tou-tes les précaires et création d’un statut pour tout-es les salarié-es. Création d’emplois publics statutaires ;
- abrogation des lois sécuritaires, liberticides et anti-immigré-es ;
- amnistie pour toutes les victimes de la répression des mobilisations sociales.

…et par des mobilisations larges dans l’Éducation nationale et à l’université

- Restitution de tous les postes supprimés, par des créations de postes de fonctionnaires et non par des transferts d’autres secteurs publics ;
- titularisation sans condition de concours ni de nationalité de tout·e·s les précaires, en activité ou licencié·e·s ;
- abrogation de la mastérisation et institution d’une vraie formation professionnelle des enseignant·e·s sous statut de fonctionnaire stagiaire ;
- retour sous le statut de fonctionnaire d’État des personnels techniques et de service des collèges et lycées ;
- abrogation des contre-réformes scolaires et en tout premier lieu de la loi Fillon, école du socle minimal qui a organisé les régressions de la dernière décennie : liquidation des RASED et des dispositifs de soutien, programmes de 2008 pour le 1er degré et programmes rétrogrades dans certaines disciplines du secondaire ; évaluations nationales chronophages, normatives et inutiles en CE1 et CM2 ; réformes des lycées ; réduction du bac pro à 3 ans ; volonté de promouvoir l’apprentissage dès la cinquième ; en finir avec la LRU ;
- abandon des contre-réformes qui visent à casser les statuts et à généraliser la concurrence entre les établissements et les personnels : dispositif ECLAIR, tentatives de regroupement des écoles vers des établissements publics du premier degré, management des personnels sur le mode de l’entreprise privée, entretiens d’évaluation, conseils pédagogiques, préfet des études, prime au mérite ;
- suppression de tous les systèmes de fichage centralisé, des élèves et des personnels (Base-élèves, BNIE, Sconet, Affelnet, LPC, dossier informatisé des personnels, ENT obligatoires, etc.) ;
- abrogation des lois anti-grève et anti-syndicales, du Service Minimum d’Accueil et de l’obligation de déclaration d’intention de faire grève, rétablissement des libertés syndicales, fin du vote électronique aux élections professionnelles ;
- annulation de toutes les sanctions pour fait de grève, de désobéissance ;
- limitation légale du nombre d’élèves par classe ;
- pour l’égalité des droits, contre l’égalité des chances, instauration d’un droit à la scolarité de 2 à 18 ans dans une formation polytechnique pour tout·e·s.

Sud éducation invite les personnels à multiplier les réunions d’informations entre toutes les catégories, à convoquer des Assemblées Générales pour débattre des revendications et des modes d’action à mettre en œuvre.