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Fédération Sud éducation
jeudi 4 septembre 2014

La réforme du Bac Pro 3 ans est un échec

Les 16 000 postes supprimés, les 1000 heures de cours en moins et l’augmentation des Périodes de Formation en Milieu Professionnel au détriment du temps scolaire, aggravent le phénomène inquiétant du décrochage. La généralisation des Contrôles en Cours de Formation porte atteinte au caractère national des diplômes. Le diplôme du Bac Pro connaît une forte dévalorisation et ce n’est pas le simulacre d’oral de rattrapage qui peut améliorer son image. Les élèves voient leur poursuite d’études limitée et les passerelles vers les filières générales et technologiques supprimées.

Loin de la revalorisation annoncée, le Bac Pro 3 ans s’impose comme un outil puissant de reproduction des inégalités et des classes sociales.

Les conditions de travail ne cessent de se dégrader dans les LP et la souffrance n’en est que plus grande

Plusieurs facteurs sont responsables de cette aggravation : le recours généralisé aux heures supplémentaires, la lourdeur et l’hétérogénéité des effectifs, l’intensification et l’allongement du temps de travail par la multiplication des missions, la modification constante des référentiels, les méthodes managériales pathogènes sans oublier les Espaces Numériques de Travail, sources de pressions et de flicage, ainsi que l’alourdissement des tâches administratives au détriment de la pédagogie.

Sud éducation dénonce la mobilité, la flexibilité et la polyvalence imposées aux personnels et revendique la mise en place de temps de concertation inclus dans les services. Sud éducation privilégie le combat contre la souffrance au travail.

Le développement de l’apprentissage constitue une dangereuse régression

Les entreprises bénéficient d’une main d’œuvre au rabais et n’offrent pas en contrepartie la formation attendue. Elles empochent aussi des primes à l’embauche et des cadeaux fiscaux substantiels. Les régions et l’État orchestrent une propagande massive de l’apprentissage et assènent des contrevérités sur les taux d’insertion professionnelle des apprenti-es. Pour les enseignant-es, il existe une inégalité territoriale de la rémunération des heures d’enseignement en apprentissage. Les enseignant-es subissent des pressions de la part des proviseurs pour effectuer ces heures. De plus, se pose le problème de la double fiche de paie et la conséquence pour le calcul des pensions de retraite.

Parce qu’il représente une menace pour les filières sous statut scolaire et va à l’encontre d’un enseignement professionnel de qualité, nous refusons le développement des sections en apprentis- sage, les parcours mixés et le mélange des publics au sein des mêmes classes.

Les élèves méritent donc mieux

Ils devraient avoir droit à une formation polyvalente et solide, de la philosophie en terminale, un choix de langues élargi, des classes à effectifs réduits, des conditions d’enseignement respectueuses de leurs vœux d’orientation et une indemnisation pour les stages.
Nous refusons de cautionner cette conception utilitaire de l’enseignement professionnel au service d’une hypothétique employabilité.

Nous exigeons :

• de bonnes conditions de travail ;
• des diplômes nationaux qualifiants ;
• le réaménagement d’un parcours en 4 ans ;
• la restitution des postes supprimés ;
• la réduction des PFMP au profit du temps scolaire ;
• des établissements à taille humaine ;
• une répartition transparente de la taxe d’apprentissage versée à la formation sous statut scolaire ;
• le refus du développement de l’apprentissage.

L’acte III de la Décentralisation engendre des conséquences néfastes sur les LP

La création des lycées des métiers, ainsi que maintenant celle des campus des métiers et des qualifications a pour but notamment de favoriser l’apprentissage, d’assujettir les filières au bassin d’emploi au détriment du choix d’orientation des élèves et de menacer les statuts des PLP.

Nous exigeons une offre de formation sous statut scolaire, suffisante et de qualité sur tout le territoire, détachée des impératifs économiques locaux.

Nos stages, nos commissions et notre engagement sans complaisance, assurent une défense des personnels efficace. Pour faire entendre une voix sans concession ni cogestion auprès des différentes instances administratives et hiérarchiques, pour un service public de formation professionnelle sous statut scolaire de qualité, il faut des élu-es Sud éducation.