Pourquoi (et comment ?) allège-t-on les programmes d’histoire-géo en bac pro ?

Sud éducation Calvados
vendredi 6 décembre 2013

L’enfer est pavé de bonnes intentions. Alléger les programmes ? A priori, voilà une proposition susceptible de faire l’unanimité auprès des enseignant-es. Rares sont ceux en effet qui ne se plaignent pas de ne pouvoir terminer un programme toujours jugé "trop chargé", surtout avec la pression de l’épreuve finale à l’examen  : l’histoire-géo est encore l’une des rares disciplines à ne pas être évaluée sous forme de CCF - Contrôle en Cours de Formation - mais sous forme d’épreuve écrite finale, aussi bien pour l’obtention du BEP (en fin de 1ère) que du BAC PRO (en fin de terminale).
Et effectivement, les collègues se réjouiront de la suppression d’un chapitre entier en géographie de Terminale ("Les mobilités de la population française") et d’un autre en histoire de Première ("La Vème République, de 1958 à nos jours").
Mais le ministère ne s’arrête pas là, et c’est là que le bât blesse. En effet, dans sa lancée "simplificatrice", il supprime également des points importants des chapitres conservés, et à très forte valeur historique, donc politique. Sont ainsi supprimés "1936 - les occupations d’usines" du chapitre "Être ouvrier en France", ou encore "Le programme du CNR" dans le chapitre consacré à l’étude de la France de 1940 à 1946. En terminale, il supprime "L’échec américain au Vietnam" du chapitre pourtant intitulé "Les États-Unis et le monde au XXéme siècle". Si l’on ajoute encore la suppression de l’étude de l’Amérique latine dans "Les dynamiques des périphéries de la mondialisation » et celle de "Mai 1968" avec le chapitre supprimé sur la Vème République, on obtient une violente ponction de toutes les situations de contestation de l’ordre établi ou de tentative d’alternative au "modèle" économique dominant. A l’évidence, la forte dimension idéologique de ces suppressions n’a pu être ignorée de la part du ministère. Serait-ce donc une volonté délibérée, politique, d’ôter de la conscience des futurs travailleurs français la mémoire des luttes passées, leurs échecs, mais surtout leur contribution décisive à l’édification d’un modèle social que les gouvernements successifs s’emploient méthodiquement à détruire ?
Le CSE du 19 septembre n’a pas permis de répondre à cette question...