Pourquoi nous participerons au Forum Social Mondial de Tunis

vendredi 22 mars 2013

Le FSM de Tunis, décidé lors des rencontres préparatoires de Monastir en juillet dernier, doit avoir lieu du 26 au 30 mars prochains. Dans la période dangereuse que traverse la Tunisie, où la contre-révolution orchestrée par la « terreur noire » cherche à faire régner le chaos pour mieux réprimer les conflits sociaux (grèves pour améliorer les salaires et les conditions de travail, manifestations contre la misère, défense de la liberté d’expression…), il est important que cette grande rencontre internationale des mouvements sociaux puisse se tenir dans un pays qui est toujours en train de faire sa « révolution ».

Motivée par les relations nouées antérieurement avec ses partenaires syndicaux de l’UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) et ses partenaires associatives de l’ATFD (Association tunisienne des femmes démocrates), la Fédération Sud éducation s’est engagée, avec l’union syndicale Solidaires, dans la préparation du FSM à travers l’organisation de deux ateliers :
- résistances aux réformes néo-libérales de l’Éducation (avec l’UGTT enseignement secondaire et la FNEEQ québécoise) ;
- accès des filles et des femmes à l’éducation : quelles discriminations ? (avec la Commission Femmes de l’UGTT).

Au total, 7 fédérations de l’union syndicale Solidaires participeront au FSM : ce sera l’occasion de faire connaître et de renforcer le travail international construit au fil des ans avec des syndicats de branches (rail, télécoms, santé, éducation) et avec des collectifs présents sur tous les continents comme ATTAC (paradis fiscaux, capitalisme mondialisé, service public de l’impôt), la Marche Mondiale des Femmes, ou les mouvements de solidarité avec la Palestine, les migrants, etc.

Parce que nous n’oublions pas que les syndicats et la société civile ont joué un rôle primordial dans le déclenchement du processus révolutionnaire qui a renversé la dictature de Ben Ali en janvier 2011 (déjà en germes, quelques années plus tôt, dans le soulèvement du bassin minier de Redeyef-Gafsa), parce que nous savons combien les syndicalistes sont plus que jamais dans la ligne de mire des forces obscurantistes (attaques des locaux de l’UGTT par les milices d’Ennahda, menaces de mort contre les militant-es, assassinat de Chokri Belaïd, avocat des condamnés de Redeyef et militant de la gauche tunisienne), parce que nos camarades tunisien-nes ont encore et toujours besoin que s’affirme avec force le soutien à leur révolution pacifique et démocratique, nous irons à Tunis apporter notre modeste contribution à la lutte pour un monde débarrassé de l’oppression, des discriminations et de la guerre (soit : le capitalisme, la barbarie, le fondamentalisme religieux), un monde fondé sur les valeurs de dignité et d’égalité (soit : la démocratie, l’autogestion, le socialisme ), un monde sans barrières et sans frontières, bref, tout ce qui nous reste à construire aussi de ce côté de la Méditerranée…

Pour mieux comprendre les enjeux de cette solidarité internationale, lire la Revue Internationale de Solidaires consacrée à la Tunisie, disponible auprès des syndicats locaux et de la fédération.

Fédération Sud éducation

Droit de vote pour tou-tes les résident-es étranger-es dès 2014

En 1998, les étranger-es citoyen-nes des pays de l’Union européenne résidant en France ont été admis-es au vote et à l’éligibilité pour les élections municipales et européennes.

En mai 2000, l’Assemblée nationale vote une proposition de loi accordant le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales pour les étranger-es extracommunautaires, qui résident légalement sur le territoire depuis cinq ans au moins. Le Sénat, à son tour, le 8 décembre 2011, adopte cette même proposition. Il reste à mettre en œuvre la révision constitutionnelle nécessaire.

De nombreux et nombreuses responsables politiques de gauche, et aussi du centre et de droite, se sont exprimé-es en faveur de ce droit.

En 2012, lors des élections présidentielles et législatives, la nouvelle majorité a inscrit cette réforme dans son programme. Le Premier ministre, en juillet puis en septembre, a promis qu’il y aurait un projet de loi en 2013. Près de deux millions et demi d’étranger-es extracommunautaires vivent et travaillent dans des communes où elles/ils participent à la vie locale et paient des impôts. Nombre d’entre elles/eux sont responsables d’associations, délégué-es de parents d’élèves, délégué-es syndicaux ou syndicales.

La vie locale est un lieu essentiel de la vie démocratique et il n’existe aucune raison pour que tou-tes celles et ceux qui résident sur ces territoires n’y participent pas de façon égale. Il est temps de franchir une nouvelle étape pour l’élargissement du suffrage universel, la démocratie, la cohésion sociale et pour l’égalité des droits.

Nous appelons à la mobilisation citoyenne pour que cette réforme, essentielle pour une République ouverte et fraternelle, soit mise en œuvre dès les élections municipales de 2014.

Signer la pétition