Pourquoi nous participerons au Forum Social Mondial de Tunis

lundi 18 mars 2013
mis à jour vendredi 5 avril 2013

Le FSM de Tunis, décidé lors des rencontres préparatoires de Monastir en juillet dernier, doit avoir lieu du 26 au 30 mars prochains. Dans la période dangereuse que traverse la Tunisie, où la contre-révolution orchestrée par la ’’terreur noire’’ cherche à faire régner le chaos pour mieux réprimer les conflits sociaux (grèves pour améliorer les salaires et les conditions de travail, manifestations contre la misère, défense de la liberté ’expression...), il est important que cette grande rencontre internationale des mouvements sociaux puisse se tenir dans un pays qui est toujours en train de faire sa ’’révolution’’.

Motivée par les relations nouées antérieurement avec ses partenaires syndicaux de l’UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) et associatives de l’ATFD (Association tunisienne des femmes démocrates), la Fédération SUD Education s’est engagée, avec l’union syndicale Solidaires, dans la préparation du FSM à travers l’organisation de plusieurs ateliers :

- Résistances aux réformes néo-libérales de l’Education (avec l’UGTT enseignement secondaire et la FNEEQ québécoise)
- Accès des filles et des femmes à l’éducation : quelles discriminations ? (avec la Commission Femmes de l’UGTT).

Au total, 7 fédérations de l’union syndicale Solidaires participeront au FSM, qui sera l’occasion de faire connaître et de renforcer le travail international construit au fil des ans avec des syndicats de branches (rail, télécom, santé, éducation) et avec des collectifs présents sur tous les continents comme ATTAC (paradis fiscaux, capitalisme mondialisé, service public de l’impôt), la Marche Mondiale des Femmes, ou les mouvements de solidarité avec la Palestine, les migrants, etc.

Parce que nous n’oublions pas que les syndicats et la société civile ont joué un rôle primordial dans le déclenchement du processus révolutionnaire qui a renversé la dictature de Ben Ali en janvier 2011 (déjà en germes, quelques années plus tôt, dans le soulèvement du bassin minier de Redeyef-Gafsa), parce que nous savons combien les syndicalistes sont plus que jamais dans la ligne de mire des forces obscurantistes (attaques des locaux de l’UGTT par les milices d’Ennahda, menaces de mort contre les militant-es, assassinat de Chokri Belaïd, avocat des condamnés de Redeyef et militant de la gauche tunisienne), parce que nos camarades tunisien-nes ont encore et toujours besoin que s’affirme avec force le soutien à leur révolution pacifique et démocratique, nous irons à Tunis apporter notre modeste contribution à la lutte pour un monde débarrassé de l’oppression, des discriminations et de la guerre (soit : le capitalisme, la barbarie, le fondamentalisme religieux), un monde fondé sur les valeurs de dignité et d ’égalité (soit : la démocratie, l’autogestion, le socialisme ?), un monde sans barrières et sans frontières, bref, tout ce qui nous reste à construire aussi de ce côté de la Méditerranée...

Commission International

Pour mieux comprendre les enjeux de cette solidarité internationale, lire la Revue Internationale de Solidaires consacrée à la Tunisie, disponible auprès des syndicats locaux et de la Fédération.

Sur le Web