Quand les pauvres paient…

…pour les riches !
mardi 25 décembre 2012

Au Québec, les étudiant·e·s et leurs profs ont lutté avec opiniâtreté pour conserver la gratuité des études supérieures et ils ont gagné !

En France, le coût des études supérieures ne cesse d’augmenter. Les frais d’inscription explosent (entre 170 et 230 euros à la fac de Caen, par exemple), entraînant des difficultés accrues pour les étudiant·e·s les moins aisé·e·s. Dans le même temps, les frais d’inscription sont demeurés identiques en classes préparatoires, c’est-à-dire quasiment gratuits !

Pire, les conditions de logement et d’hébergement sont idéales en classe prépa si l’élève a la chance de bénéficier de l’internat  : 1727 euros par an au lycée Malherbe de Caen (soit 170 euros / mois environ) pour une chambre individuelle cosy et les repas à la cantine, contre un minimum de 400 euros à l’université (chambre universitaire = 240 euros minimum avec repas en sus).

Des conditions très différentes… qui cachent aussi des disparités étonnantes :
- L’élève de CPGE (classe préparatoire aux grandes écoles) coûte environ 15 000 euros à la collectivité  [1] contre environ 10 000 pour un élève d’université ou d’IUT. Notons que les élèves de BTS, pour qui l’inscription est gratuite aussi, reviennent à 13 800 euros par an à la collectivité.
- Par ailleurs, les élèves bénéficiant de cet enseignement de qualité sont pour la plupart issus de milieux favorisés ou très favorisés (61,8 % issus de professions intellectuelles ou supérieures [2]) alors que l’université accueille seulement 40 % de ces élèves. En revanche, on trouve 10 % d’enfants d’ouvriers à l’université, contre 6,3 seulement en CPGE.

L’argent public, qui devrait en priorité être utilisé pour corriger les inégalités est ici injecté pour la réussite des enfants issus des milieux les plus favorisés ; en clair, les milieux modestes acquittent un impôt permettant aux enfants des milieux favorisés de poursuivre des études dans les meilleures conditions possibles.

Sud éducation Orne


[1Sources MEN-MESR DEPP datant de 2012

[2Sources MESR-DGESIP-DGRI-SIES de 2011-2012, Voir aussi : L’origine sociale des étudiants