RASED > Incinération ou enterrement ?

Ça négocie dur !
jeudi 12 mars 2009

Les 3000 suppressions de postes rased sont toujours d’actualité. Deux réunions se sont tenues les 5 et 12 février sur le « traitement de la difficulté scolaire ». Les « négociateurs », mandatés par les syndicats, ont annoncé fièrement qu’ils s’opposent à ces suppressions, mais sont quand même allés négocier ! Comment peut-on participer à un groupe de travail pour aider à aménager ce que l’on refuse ? Les associations de professionnels n’étaient, elles, pas invitées, puisque les morts n’assistent pas à leur enterrement.

Les « négociateurs » ont donc fortement insisté : il faut que les « 1500 postes sauvegardés le soient réellement ». Il est tout simplement inadmissible et scandaleux de la part de syndicats de passer sous silence les 1500 suppressions de postes, comme si, de fait, ce choix ministériel était désormais inéluctable et avéré. Les 13500 suppressions sont toujours d’actualité pour 2009 : il n’est pas question de négocier quoi que ce soit sur cette base.

La formation maintenue mais dans quelles conditions...

Le Ministère a promis que le dis- positif de formation serait main- tenu. Comme cette formation avait été suspendue, il est facile d’imaginer que bien peu de col- lègues auront postulé, d’autant que le paysage « RASED » ne semble pas promis à un bel avenir ! Compte-tenu de cet inquiétant contexte, il aurait été judicieux, si l’honnêteté avait été de mise, d’élargir la période de recrutement en rassurant les collègues candidats quant à l’avenir des RASED.

D’autre part, le Ministère n’a pas garanti que les Inspecteurs d’académie, libres dans leurs choix d’options pour les départs en stage CAPA-SH [1], recevraient des instructions particulières. On imagine facilement qu’ils invoqueront la pénurie en maîtres D [2] et F [3] dans les établissements spécialisés pour n’ouvrir la formation qu’à ces seules options au détriment des options E et G [4], à quelques saupoudreuses exceptions près.

Le Ministère a également reconnu qu’il fallait « alimenter le vivier des RASED ». Alimenter le vivier ! Les représentants du Ministère et de certains syndicats se réunissent pour tenter de faire avaler la pilule du saccage engendré par 1500 suppressions sèches et de 1500 autres déguisées, et certains osent parler d’un vivier qu’il faut alimenter ! Cette malhonnêteté dépasse les limites de l’entendement, de la décence et du respect !

Une mission revue à la baisse

Un projet de note de service sur les missions des maîtres spécialisés a été proposé par le Ministère ; elles devraient rester dans le cadre de la circulaire de 2002 qui les définissait. Dès lors, on ne comprend pas l’utilité d’un tel texte. À moins que cette circulaire, une fois réécrite, dise que, compte tenu de la mise en place de l’aide personnalisée, des stages de remise à niveau et autres systèmes de soutien (privés, pourquoi pas), les « viviers » n’interviendront plus sur la difficulté dite « ordinaire ». Leur action glisserait alors vers la très grande difficulté, celle que nous n’avons que très rarement les moyens de traiter et que nous relayons le plus souvent vers des structures plus « pertinentes ».

Cette difficulté ne concernera qu’une faible part de la population scolaire, donc quelques maîtres E et G et quelques psychologues suffiront pour cela : ce qui justifiera la disparition d’une bonne partie du « vivier » et le redéploiement des quelques restants. Et le tour est joué ! Les rares RASED boiteux restants s’avéreront tellement inopérants, qu’il faudra bien se rendre à l’évidence ! Et Monsieur Darcos pourra nous resservir son plan de disparition sur trois ans, qu’il n’avait aucunement écarté. Seulement, la grogne aidant, il se sera doté de l’arme la plus redoutable qui soit : la négociation avec les directions syndicales !

Il faut continuer !

Toutes les actions entreprises jusqu’alors, parce qu’elles ont été trop isolées, soit en terme de mobilisation, soit dans le temps, n’ont fait que renforcer les défenses de notre adversaire. Seul un mouvement social d’ampleur peut y répondre favorablement.

Avec Sud éducation et avec toutes celles et tous ceux qui y croient encore, c’est le moment de montrer que le rap- port de force peut s’inverser.

Pour cela, il faut bien sûr s’associer aux mouvements déjà engagés dans l’horizon social, des 10 et 19 mars. Mais il faudra bien plus pour faire plier ce gouvernement-là. Il faut d’ores et déjà penser en termes de grèves et manifestations intersyndicales et interprofessionnelles recon- ductibles, les seules pouvant nous permettre d’espérer encore ! Et l’éventuelle négociation ne se fera alors plus sous l’angle de l’aménagement de la pénurie mais bel et bien sous celui d’une meilleure appréciation et d’une meilleure remédiation à la difficulté scolaire, où qu’elle se trouve sur le territoire. Car c’est l’objectif premier des RASED. Ne le perdons pas de vue !

Sud éducation Loir-et-Cher


[1] Certificat d’Aptitude Professionnelle pour les Aides spécialisées, les enseignements adaptés et la scolarisation des élèves en situation de handicap

[2] Enseignants auprès d’élèves présentant des troubles importants des fonctions cognitives

[3] Enseignants auprès d’élèves des établissements et sections d’enseignement général et professionnels adapté

[4] Enseignement et aides spécialisées à dominante pédagogique et rééducative


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