Réduire le temps de travail pour travailler tou-tes et vivre mieux

Sud éducation Loire
vendredi 6 décembre 2013

Les lois Aubry sur les 35 heures ont accompagné la réduction du temps légal hebdomadaire de régressions sur les salaires, de flexibilité et d’annualisation. Elles ont ainsi contribué à délégitimer cette revendication. Elle est pourtant impérieuse, et doit s’affirmer sans ne rien céder sur les rémunérations et la flexibilité.

Pourquoi réduire le temps de travail ?

Pour lutter contre le chômage de masse

Alors qu’il y a plus de 5 millions de chômeurs et de chômeuses, auxquel-les il faut ajouter les temps partiels imposés et les petits boulots précaires, l’idée de partager le travail pour travailler tout-es devrait s’imposer comme un des piliers de la lutte contre le chômage de masse, avec les créations massives d’emplois nécessaires pour satisfaire les besoins sociaux actuellement non comblés (éducation, petite enfance, aide à la personne, …).

Pour favoriser la vie démocratique

La réduction du temps de travail est également une des conditions sociales de la participation des salarié-es au débat démocratique, ce qui reste difficilement envisageable, de façon continue, dans une situation où ils travaillent près de huit heures par jour, sans compter le temps passé dans les transports. Le temps libre devient alors une soupape et un temps consacré à reconstitution… de la force de travail.

Pour vivre mieux

Un temps de travail réduit c’est aussi un travail moins stressant, et donc un mieux-vivre au travail. C’est enfin une condition pour que toutes et tous puissent participer pleinement à une vie associative, créatrice, pour laisser leur place à l’imaginaire, aux rencontres, à la culture et à la fête... Bref, pour vivre autrement !

Pour les enseignant-es aussi !

Leurs obligations de service (c’est-à-dire les heures « présence-élèves »), ont pour l’essentiel été fixées par décret en 1950 et sont restées inchangées. Elles n’ont été modifiées ni en 1956, ni en 1969 ni en 1982, lors des diverses mesures de révision de la durée légale du travail.
Tout se passe pourtant comme si un grand nombre de nos collègues avait fini par intérioriser une image culpabilisante de « privilégié-es » : l’idée même d’avoir à se mobiliser pour obtenir des réductions du temps de travail semble en paralyser beaucoup, comme si c’était une revendication indécente ou « déplacée ».
Pourtant la charge globale de travail des enseignant-es n’a cessé d’augmenter et de se diversifier. Désormais, au-delà des tâches de préparation et de gestion des cours, se développe un ensemble de contraintes et d’activités « annexes », aussi incontournables que dévoreuses de temps : conseils, réunions, concertations, orientation, etc. Deux études sur le temps de travail des enseignant-es en 2010 ont été publiées le 13 juillet 2013 par la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance du Ministère de l’éducation nationale (DEPP). Elles confirment cette augmentation de la charge de travail.

La réalité du temps de travail des enseignant-es.

En moyenne, les enseignant-es du primaire travaillent plus de 44 heures par semaine et ceux et celles du secondaire plus de 41 heures, soit près d’une heure et demie de plus qu’en 2008. Les professeur-es des écoles débutant-es travaillent plus de 52 heures par semaine, et les professeur-es nouvellement certifié-es plus de 45, ce qui confirme l’urgence d’une réduction du service des stagiaires bien en-deçà du mi-temps de la réforme Peillon, mais aussi des titulaires pendant leur premières années d’exercice, pour une entrée progressive dans le métier. Le temps de travail augmente à nouveau de manière importante à partir de 60 ans : cela doit renforcer notre détermination à lutter contre l’augmentation des années passées au travail. Enfin, les vacances sont certes des périodes sans cours, mais certainement pas d’arrêt du travail. Les enseignant-es travaillent en effet une vingtaine de journées de vacances par an en moyenne.

Les projets ministériels actuels ne visent en rien à diminuer les obligations de service pour tenir compte de ces conditions. Au contraire, ce qui est programmé, est une déréglementation généralisée avec à la clé la suppression des maxima de service hebdomadaires, l’annualisation et une flexibilité tous azimuts.

Il est temps pour nous de réagir et de revendiquer une diminution du temps de travail, en refusant toute flexibilisation ou annualisation, et donc en défendant la définition du temps de service par des maxima hebdomadaires de service diminués.

(d’après un texte adopté par le Conseil fédéral de Sud éducation en juin 2013)