Refondation : bilan amer dans le second degré

Fédération Sud éducation
jeudi 4 septembre 2014

Les élections professionnelles approchent, on peut faire un premier bilan, bien amer, de la politique gouvernementale et de sa « refondation de l’école » : dans le second degré, pour l’essentiel, il ne s’est rien passé.

L’effondrement continue :

Les classes sont toujours surchargées, les recrutements insuffisants, loin de combler les 80 000 suppressions de l’ère Sarkozy. La priorité affichée au primaire justifie l’absence de création suffisante de postes d’enseignant-es et de personnels de vie scolaire dans le second degré. A la rentrée : 986 postes créés et l’équivalent de 1000 sous forme d’heures supplémentaires !

Sud éducation revendique la création de tous les postes d’enseignant-es titulaires et de personnels de vie scolaire nécessaires pour travailler moins et pour travailler mieux

• En lycée, la réforme précédente, réduisant les heures d’enseignement, a mis en concurrence collègues, disciplines et établissements pour l’attribution et l’utilisation des heures « globalisées ». Dans la voie technologique, les nouvelles filières ont imposé aux collègues une polyvalence sans formation adéquate.

Sud revendique la remise à plat de cette réforme qui détériore les conditions d’enseignement et d’apprentissage.

• En collège, aucun plan d’action pour répondre à l’urgence de conditions d’enseignement et d’apprentissage dégradées.

Sud revendique, au collège, 20 élèves maximum par classe et, au lycée, 25, une vraie formation pour toutes et tous les élèves jusqu’à 18 ans et dans l’immédiat le rétablissement d’horaires et de programmes nationaux, des mesures per- mettant de lutter contre les difficultés scolaires, une ouverture culturelle.

• L’éducation prioritaire souffre toujours d’un manque criant de moyens. La réforme du gouvernement n’apporte que des soutiens dérisoires aux REP +, qui seront transformés le plus souvent en heures supplémentaires et ne changeront rien sur le fond aux conditions d’enseignement. Que dire de tous les établissements qui en sont exclus, bien que répondant aux critères économiques et sociaux, ainsi que les SEGPA en voie de disparition et des ULIS surchargées... ?

Sud revendique un enseignement de qualité pour tous et toutes, avec 16 élèves maximum par classe, une réelle prise en charge des difficultés scolaires, un refus des orientations précoces.

Programme, formation, nouveau statut : des avancées insuffisantes

• Concernant les futurs programmes, question éminemment pédagogique et politique, aucun changement significatif. Un rôle décisif serait donné aux enseignant-es, mais leur place n’est pas garantie. Comme nous l’avons précisé en Conseil Supérieur de l’Éducation et Comité Technique Ministériel en 2013, leur élaboration et validation nécessitent l’action des universitaires, des enseignant-es et de leurs représentant-es.
• Concernant la formation, c’est la fin de l’entrée des collègues dans l’Éducation nationale à temps plein, mais le temps de décharge des stagiaires reste inférieur à ce qu’il était avant. De quoi expliquer, avec la faiblesse des rémunérations, la « crise des vocations » ? Nous avons montré au Ministère que l’année de M2 reste bien trop chargée, et nous revendiquons un retour au recrutement en fin de licence suivi de 2 années de formation payées comme fonctionnaire stagiaire.
• Dans nos nouveaux statuts, les tâches complémentaires enfin reconnues ne s’accompagnent pas d’une réduction de nos services. Le travail interdisciplinaire et en équipe doit exister grâce à une décharge horaire, sans logique indemnitaire.

Sud revendique un temps de service réduit à 14 h devant élèves, plus 3 heures de travail en équipe.

Pour porter nos revendications, votons Sud éducation !

À ce climat éducatif dégradé, s’ajoutent les logiques managériales des chefs d’établissement issues du monde de l’entreprise, basées sur des indicateurs chiffrés, déconnectés de la réalité du terrain et l’intérêt des élèves. Elles n’ont aucune efficacité sur la qualité de l’enseignement. Comme les inspections individuelles, elles n’induisent que des situations de souffrance inadmissibles.

Sud revendique une gestion collégiale des établissements, une réflexion régulière sur nos pratiques entre pair-es, plus de pouvoir aux CHSCT, un avancement pour toutes et tous au meilleur rythme, une augmentation de salaire de 400 euros pour tous et toutes.

Derrière les grands discours sur la « refondation », les conditions de travail se dégradent, les conditions d’études et de réussite des élèves aussi.

Pour une école démocratique favorisant le développement de l’esprit critique, l’épanouissement des enfants et des encadrant-es, continuons nos luttes, votons Sud éducation !