Refuseur·euse·s, désobéisseur·euse·s, récidivistes…

Qu’en est-il dans le 44 ?
samedi 8 septembre 2012

Il y a plus d’un an, en Loire-Atlantique est né Résistance pédagogique 44, collectif dont l’objectif était de mettre quelques grains de sable dans la machine de destruction de l’Éducation nationale. Après le mouvement d’opposition à l’aide personnalisée, les actions furent le refus de remontée des chiffres des évaluations nationales et, pour les directeurs et directrices, le refus du fichage des élèves sur Base élèves.

Mais ce qui fit sans doute le succès de ce groupe fut sa volonté de ne pas seulement rester dans l’opposition et le refus, mais bien au contraire de proposer, de mener des actions constructives.

C’est ainsi que sont nées les prises de parole publiques lors des pseudoanimations pédagogiques institutionnelles, les journées de débats et d’ateliers permettant enfin aux enseignant-es d’ initier de nouvelles formes de résistance et d’action, les contre-animations pédagogiques pour contrecarrer les pseudoformations institutionnelles jugées aujourd’hui par nombre d’enseignant·e·s sans odeur ni saveur.


Une véritable épreuve de force est ainsi née.

Celle-ci a vu une montée progressive de la reconnaissance, par les syndicats, d’un mouvement initialement mal perçu. Ce sont par exemple certains d’entre eux (Sud éducation, CGT éducation, SNUipp) qui ont permis de mettre en place une requête auprès du Tribunal Administratif au sujet des évaluations ; ce sont encore eux qui ont permis d’obtenir une ultime audience suite à la menace de commissions disciplinaires envers les « refuseur·euse·s » des évaluations.

Alors, aujourd’hui, qu’en est-il ?

La lutte des directeurs et directrices s’opposant au fichier Base élèves prend une autre forme mais continue en dépit des menaces et sanctions.

Les 16 « récidivistes » des évaluations CM2 (il existe en fait un nombre plus grand de « refuseur·euse·s » des évaluations CM2), après une audience collective avec le Directeur académique du 44 et ses sbires, ont obtenu une annulation de la sanction, le Directeur académique renvoyant à une obéissance supposée effective l’année suivante ; belle pirouette pour quelqu’un qui part en retraite… Et beau cadeau pour celle qui lui succède ! Il va sans dire que cette demi victoire des résistant·e·s ( il y a quand même eu des retraits de salaire ) n’a été possible que grâce à la force du collectif et à un appui des syndicats.

Les « refuseur·euse·s » des évaluations CE1 (moins nombreux, le positionnement des évaluations en mai provoquant moins d’opposition) ont reçu une lettre du Directeur académique, quatre jours avant son départ, leur demandant fermement d’expliquer la non remontée des évaluations. Depuis plus rien (sauf un retrait de salaire).

La résistance ne s’étend pas aussi ouvertement dans les établissements du second degré alors que les luttes sont communes : Livret Personnel de Compétences, dispositifs CLAIR-ECLAIR, inspections, fichiers.

Par contre la désobéissance dans d’autres secteurs de la Fonction publique se renforce. Chaque rencontre nationale le confirme et les médias relayent des actes de désobéissance.

Enfin, les syndicats, dont Sud éducation, sont des soutiens matériels et juridiques.

Sud éducation Loire-Atlantique